Marchands d’armes

Des monceaux de cartouches, acheminés depuis des usines
quelque part en Europe orientale, passant des mains de militaires africains corrompus à celles de miliciens fanatisés…
avant de terminer dans la tête d’un enfant innocent. Nous
sommes nombreux, lorsque l’on évoque l’existence des marchands d’armes, à penser spontanément au film emblématique.
Lord of War : Yuri Orlov, interprété par Nicolas Cage, y résumé avec cynisme son juteux business : « Une personne sur douze dans le monde est armée. Mon travail, c’est de trouver comment armer les onze autres. » Bien qu’inspiré d’un trafiquant
d’armes aujourd’hui sous les verrous, ce personnage et son
histoire restent imaginaires. Le plus récent War Dogs de Todd
Phillips raconte l’histoire vraie de deux gamins paumés qui
ont profité des guerres de Bush Junior pour faire fortune en
vendant aux États-Unis quantité d’armes de petits calibres afin d’équiper les armées irakienne et afghane en cours de
reconstruction. Le personnage principal, Efraim Diveroli,
incarné par Miles Teller, décrit ainsi le contexte du début
des années 2000: «Que savez-vous de la guerre? Ils vous
diront que c’est une affaire de patriotisme, de démocratie…
ou d’autres merdes à propos de types qui haïssent votre
liberté. Mais vous voulez savoir de quoi il s’agit vraiment?
Vous voyez un gamin de l’Arkansas qui fait son devoir pa-
triotique pour défendre le pays? Moi je vois un casque,
des gants ignifugés, un gilet pare-balles et un M-16. Je vois
17500 dollars. C’est ce que coûte l’équipement d’un soldat
américain. Et plus de deux millions de soldats se battent en
Afghanistan et en Irak.»
Le monde consacre plus de 1500 milliards d’euros par an
à ses efforts militaires. Une bonne partie, qui reste difficile à
chiffrer faute de transparence, est consacrée à l’achat d’équipement. En 1961, le président états-unien Dwight Eisenhower dénonçait déjà l’influence de cette industrie sur la politique de son pays en parlant de «complexe militaro-industriel».
Il accusait les fabricants d’armes d’entretenir les tensions
géopolitiques afin de faire tourner leurs usines et de stimuler leurs bénéfices. Difficile pourtant pour Washington de faire sans cette industrie, au risque de ne plus pouvoir armer ses propres forces et de devenir dépendant d’un pays tiers. Même
sans guerre, de nombreux États continuent de poursuivre la
course aux armements de peur d’être dépassés par des voisins
dont on craint les ambitions belliqueuses. Au Moyen-Orient et
en Asie, notamment, on ne cesse de faire grimper les budgets
afin d’obtenir les équipements les plus sophistiqués possible.des bombes et des radars. Quitte parfois à mettre les valeurs
de côté et à se montrer un peu moins regardant sur la nature
de la clientèle.
Faut-il voir derrière cette mobilisation de tous les corps de
l’État un complexe militaro-industriel à la française ? Ce sont
plus de 160 000 personnes qui travaillent dans l’industrie de
l’armement. Ce sont nos voisins, nos amis, nos parents, qui
produisent et vendent une gamme d’armement d’une excep-
tionnelle diversité. Sans compter leurs familles et parfois des
régions entières qui dépendent de ce secteur d’activité. Tous
ces gens sont-ils comme Yuri Orlov et Efraim Diveroli, des
assoiffés de prostituées et de drogues sans scrupules, prêts
à tout pour vendre leurs armes ?
À la fin du film Lord of War , le réalisateur Andrew Niccol
rappelait il y a dix ans déjà en guise de conclusion qu’il
s’était inspiré de faits réels. Avant de préciser : « Alors que
des marchands d’armes privés continuent de prospérer, les
plus gros fournisseurs d’armes au monde sont les États-Unis,
le Royaume-Uni, la Russie, la Chine… et la France. »

Une histoire méconnue : Les Africains-Européens, grands absents de l’histoire culturelle européenne.

Une histoire méconnue : Les Africains-Européens, grands absents de l’histoire culturelle européenne.
Peut-on continuer à étudier, enseigner et diffuser l’histoire des sociétés européennes
sans y intégrer (ou en ignorant totalement) la permanence de la présence africaine qui est
documentée sur une période qui remonte à au moins quatre mille ans ? Dans certains cas,
des figures illustres issues de ces migrations en provenance de l’Afrique sont si fortement
ancrées dans l’histoire culturelle européenne qu’il ne vient à l’esprit de personne qu’il s’agit
d’Africains nés en Afrique ou nés sur le sol européen d’un ou de deux parents africains ou
qu’ils sont des descendants directs d’Africains installés en Europe (Septime Sévère, Térence,
Saint Augustin, Dumas, Pouchkine pour ne citer que ceux-là).
Pourtant peu avant que le racisme pseudo-scientifique, qui accompagna en toute bonne
conscience l’esclavagisme et plus tard le colonialisme, ne s’installe durablement en Europe,
l’héritage africain dans la culture européenne était encore reconnu et célébré. Avant que
Hegel ne réfute toute historicité à l’Afrique, voici ce que pensait il y a 275 ans un grand
esprit allemand de la première moitié du XVIIIe
siècle, Johan Gottfried Kraus, Recteur de l’Université de Wittenberg (Allemagne) à l’occasion de la présentation de la thèse inaugurale du philosophe africain Anton Amo le 24 mai 1733 :« Grande fut autrefois la considération dont jouissait l’Afrique tant pour son génie que pour son amour des lettres et son organisation religieuse. Ne donna-t-elle pas le jour à bien des hommes exceptionnels, qui, par leurs études, ont fondé la sagesse humaine et plus encore la connaissance de Dieu ? Nul dans le passé ou le présent n’a été jugé plus sage dans la vie civile, ou avoir plus de goût que TERENCE
le Carthaginois. Grâce aux paroles pleines d’esprit socratique d’APULEE DE MADAURE, PLATON semblait avoir retrouvé vie ;elles avaient suscité à ce point l’approbation des siècles passés que les savants s’était divisés en partis opposés, les partisans d’APULEE
ayant l’audace de disputer aux partisans de CICERON le premier rang dans l’art oratoire. Que de grands représentants de l’enseignement du Christ n’a-t-il pas eu en Afrique ? TERTULIEN ,CYPRIEN, ARNOBE, OPTAT DE MILEVE et SAINT-AUGUSTIN, pour ne citer que les plus célèbres, dont la noblesse d’âme rivalisait avec leurs vastes connaissances. Les monuments, les faits, les martyrs et les conciles témoignent de quelle fi délité et de quelle constance les théologiens africains ont fait preuve pour maintenir la pureté de la religion. C’est faire injure à l’Église africaine que d’enseigner qu’elle a toujours tout concédé. Même lorsqu’après l’invasion des Arabes en Afrique, de grands changements se produisirent, la lumière des esprits et de leur savoir ne fut pas complètement éteinte par la domination arabe. Car, sur l’ordre de ce peuple,
chez lequel les sciences semblaient avoir élu demeure, on cultivait les arts libéraux, et,
après que les Maures furent passés d’Afrique en Espagne, et y ayant introduit les écrivains
anciens, ils y rendirent de grands services à la culture et aux lettres qu’on avait commencé à
ravir aux ténèbres. Les manuscrits peuvent témoigner du patrimoine détenu depuis si longtemps par l’Afrique. On dit de nos jours que ce continent est plus fertile en autres richesses
qu’en lettres. Cependant le très célèbre Maître en Philosophie et des Arts libéraux Antoine
Guillaume Amo prouve par son exemple que son pays n’est pas privé d’hommes hautement
doués. »
Pourquoi les livres d’histoire, les manuels et ouvrages populaires, les films de fiction ou
documentaires et les pièces de théâtre sur des sujets historiques, les magazines de vulgarisation de l’histoire des pays européens, édités ou produits en Europe pendant le XXe
siècle ont-ils quasiment tous ignoré cette histoire ? Les conséquences de ce trou noir dans la mémoire collective sont parfois dramatiques : par exemple, le phénotype noir étant associé « logiquement » à une origine extérieure à l’Europe, autrement dit à une présence récente (corrélée , forcément ? à l’immigration), des Noirs ou des descendants d’Africains, citoyens
européens depuis des générations, se voient tous les jours rejetés des castings de films ou de théâtre avec le mépris et la condescendance des recruteurs leur jetant à la figure : « il
n’y a pas de rôle pour vous car il n’y avait pas de Noirs en France au Moyen-Âge », « il n’y
avait pas de Noirs en France sous l’Ancien Régime » ou encore, « les seuls rôles possibles de Noirs en France dans un fi lm historique sur Louis XIV sont des rôles d’esclaves », etc.
Paradoxalement, ce sont eux qui doublent les acteurs noirs dans des fi lms étrangers, où il
est admis en principe qu’un Noir peut lui aussi, en tant qu’acteur, jouer tous les rôles.
L’exemple du cinéma, de la télévision et du théâtre tombe à propos car en ce siècle de
l’image et des technologies multimédia, l’identifi cation à la société à laquelle nous appartenons est renforcée, consciemment ou inconsciemment, par les images censées être le reflet
de nous-mêmes, du groupe et de la nation dont nous faisons partie qui nous sont projetées
en permanence.
Dans la mémoire collective de nombre d’Européens d’aujourd’hui, il ne subsiste aucun souvenir d’une des nombreuses ambassades africaines reçues en grandes pompes dans les
palais européens et au Vatican entre le XVIe et le XVIe siècle. Nul ne se souvient de Zyriab,ce Noir arabo-musulman né à Baghdad qui vécut à Cordoue au IXe siècle et qui pourtant
marqua de son empreinte l’histoire de la musique et des arts poétique, gastronomique,
vestimentaire, en un mot, l’histoire culturelle de l’Andalousie de son époque et bien des
générations après
. Pourtant, si aujourd’hui en Europe on porte des vêtements différents selon les quatre grandes saisons, c’est grâce à Ziryab qui a créé cette mode au IXe siècle à Cordoue.
Même des personnages aussi éminents que populaires dans l’histoire culturelle de
l’Europe comme Alexandre Dumas et Alexandre Pouchkine, tous deux descendants directs
d’Africains, ne renvoient généralement pas à la présence africaine en Europe.
Pourtant, qui n’a pas lu Dumas en France et qui n’a pas appris une poésie de Pouchkine
en Russie ?
Pourquoi cette amnésie historique partielle ?
L’historienne britannique, Kate Lowe, apporte une réponse pertinente et d’une honnêteté inédite en la matière qui augure de l’écriture d’une nouvelle histoire de l’Europe plus
conforme au passé européen :
« Les traces laissées par ces Africains noirs aux quinzième et seizième siècles ne sont pas
invisibles, loin s’en faut. On les retrouve quasiment dans tous les types d’archives : documentaires, textuelles ou visuelles ; séculières ou ecclésiastiques ; de l’Europe du Nord ou
du Sud ; réelles ou relevant de la littérature. Les raisons de leur invisibilité doivent être cher-
chées ailleurs ; dans les réalités des politiques nationales, dans les effets encore percepti-
bles de la colonisation européenne, et dans le carcan d’une certaine érudition historique de
convenance ou en vogue. L’histoire ancienne de l’installation des Africains noirs en diverses
régions d’Europe a été niée pour des raisons politiques et raciales, et le sujet a été enterré
avec succès jusqu’à la fi n du vingtième siècle. C’est ainsi que, en règle générale et à quel-
ques rares exceptions près, nonobstant l’abondance d’éléments matériels, toute référence
d’archive ou image caractérisant des Africains noirs en Europe tombée dans le domaine
public sera considérée comme un cas isolé. L’idée erronée de la rareté des documents
relatifs à ce thème a été répandue grâce à la complicité des pratiques nationalistes des
historiens européens. »

Discours de Mouammar Khadafi à la 64e Assemblée générale de l’ONU

u nom de l’Union africaine, je voudrais saluer les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, et j’espère que cette séance sera l’une des plus historiques de l’Histoire du monde.

Au nom de l’Assemblée générale en sa soixante-quatrième session, présidée par la Libye, de l’Union africaine, d’un millier de royaumes africains traditionnels et en mon propre nom, je voudrais saisir cette occasion, en tant que Président de l’Union africaine, pour féliciter notre fils M. Obama qui participe pour la première fois à l’Assemblée générale en sa qualité de Président des États-Unis, et pour le saluer étant donné que c’est son pays qui nous accueille pour cette réunion.

Cette séance a lieu alors que nous devons faire face à de nombreux défis, et que le monde entier devrait s’unir et rassembler ses efforts pour relever les défis qui constituent notre principal ennemi commun, à savoir les changements climatiques et les crises internationales comme le déclin de l’économie capitaliste, les crises de l’eau et de la nourriture, la désertification, le terrorisme, l’immigration, la piraterie, les épidémies naturelles et celles causées par l’homme, ainsi que la prolifération nucléaire. Sans doute le virus de la grippe H1N1, originairement destiné à être utilisé comme une arme militaire, a-t-il été créé en laboratoire et s’est-il répandu accidentellement. Ces défis incluent également l’hypocrisie, la pauvreté, la peur, le matérialisme et l’immoralité.

Comme on le sait, l’ONU a été créée par trois ou quatre pays, à l’époque unis contre l’Allemagne. L’ONU s’est formé avec les pays qui s’étaient réunis pour lutter contre l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces pays ont constitué un organe appelé Conseil de sécurité, dont ils sont devenus les membres permanents, et se sont octroyé le droit de veto. Nous n’étions pas là à l’époque. L’ONU a été conçue selon les volontés de ces trois pays, et nous a demandé de nous conformer à une vision originellement destinée à lutter contre l’Allemagne. Voilà en substance ce qu’était véritablement l’ONU lorsqu’elle fut fondée il y a plus de 60 ans.

Cela s’est produit en l’absence de quelque 165 pays, dans une proportion d’un sur huit, c’est-à-dire qu’un pays était présent pour huit absents. Ils ont créé la Charte, dont j’ai ici une copie. Si on lit la Charte des Nations Unies, on trouve que le Préambule de la Charte diffère de ses Articles. Comment cela se peut-il ? Tous ceux qui étaient présents à la Conférence de San Francisco en 1945 ont participé à la rédaction du Préambule, mais ils ont laissé les Articles et le Règlement intérieur du soi-disant Conseil de sécurité à des experts, des spécialistes et aux pays intéressés, ceux-là mêmes qui avaient créé le Conseil de sécurité et s’étaient unis contre l’Allemagne.

Le Préambule est très attrayant, et personne n’a rien à y redire, mais toutes les dispositions qui viennent ensuite contredisent complètement le Préambule. Nous rejetons ces dispositions, et nous ne les observerons jamais ; elles sont révolues depuis la fin avec la Seconde Guerre mondiale. Le Préambule dit que toutes les nations, grandes ou petites, sont égales. Sommes-nous égaux s’agissant des sièges permanents ? Non, nous ne sommes pas égaux. Le Préambule déclare noir sur blanc que toutes les nations sont égales, qu’elles soient grandes ou petites. Avons-nous le droit de veto ? Sommes-nous vraiment égaux ? Le Préambule dit que nous avons les mêmes droits, que nous soyons une grande ou une petite nation. C’est ce qui est dit dans le Préambule et ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord. Le droit de veto contredit donc la Charte. Les sièges permanents contredisent la Charte. Nous n’acceptons ni ne reconnaissons le droit de veto.

Le Préambule de la Charte déclare qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun. C’est le Préambule que nous avons adopté et signé, et nous avons rejoint l’ONU parce que nous voulions que la Charte reflète ces idées. Il dit que la force des armes ne doit être utilisée que dans l’intérêt commun de toutes les nations, mais que s’est-il passé depuis ? Soixante-cinq guerres ont éclaté depuis la création de l’Organisation des Nations Unies et du Conseil de sécurité – 65 depuis leur création, faisant des millions de victimes de plus que la Deuxième guerre mondiale. Ces guerres, ainsi que le recours à l’agression et à la force au cours de ces 65 guerres, sont-elles dans l’intérêt commun de tous ? Non, elles sont dans l’intérêt d’un ou trois ou quatre pays, mais certainement pas de toutes les nations.

Nous discutons pour savoir si ces guerres étaient dans l’intérêt d’un pays ou de toutes les nations. Cela contredit de manière flagrante la Charte des Nations Unies que nous avons signée et, à moins que nous agissions conformément à la Charte des Nations Unies que nous avons adoptée, nous la rejetons et nous n’avons pas peur de parler à quiconque de façon peu diplomatique. Nous parlons à présent de l’avenir de l’ONU. Il ne devrait y avoir ni hypocrisie ni diplomatie parce que cela concerne la question importante et vitale de l’avenir du monde. C’est l’hypocrisie qui a entraîné les 65 guerres depuis la création de l’ONU.

Le Préambule déclare également que s’il est fait usage de la force des armes, cela doit être une force de l’ONU – par conséquent, une intervention militaire de l’ONU, avec l’accord conjoint des Nations Unies, et non pas seulement d’un, deux ou trois pays qui recourent à la force des armes. L’ensemble des Nations Unies doit décider d’entrer en guerre pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Depuis la création de l’ONU en 1945, si un pays commet un acte d’agression envers un autre, l’ensemble des Nations Unies doit condamner et mettre fin à cet acte.

Par exemple, si la Libye attaque la France, l’Organisation des Nations Unies devra prendre des mesures répressives contre l’ennemi libyen car la France est un État indépendant et souverain, membre de l’Assemblée générale des Nations Unies. Nous avons l’obligation de défendre la souveraineté des États de manière collective. Cependant, 65 guerres offensives ont été menées sans que l’ONU prenne de mesures de répression. Huit d’entre elles étaient des guerres destructrices et de grande ampleur ayant entraîné la mort d’environ deux millions de personnes. Ces guerres ont été menées par les États disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité et du droit de veto. Les États sur lesquels nous nous appuyons et comptons pour garantir la sécurité et l’indépendance des peuples ont eux-mêmes porté atteinte à leur indépendance et ont eu recours à la force oppressive. Nous pensions qu’ils feraient reculer l’ennemi, protégeraient les populations et apporteraient la paix dans le monde et nous nous apercevons que ces pays utilisent la force brutale alors qu’ils bénéficient de sièges permanents au Conseil de sécurité ainsi que du droit de veto, qu’ils se sont octroyé.

« Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ». Cela signifie que le régime étatique relève des affaires intérieures d’un pays et que personne ne peut intervenir dans ces affaires. Le régime en place peut être dictatorial, démocratique, socialiste, capitaliste, réactionnaire ou progressiste, cela concerne la société elle-même car il s’agit d’affaires intérieures. À Rome, Jules César a été élu dictateur. Le Sénat lui a donné pouvoir en ce sens car ils considéraient que la dictature étaient à l’époque utile à Rome. C’est une question interne. Qui peut dire à Rome : « Pourquoi avez-vous nommé Jules César dictateur ? ». Voilà le point sur lequel nous sommes d’accord, le Préambule. La Charte ne mentionne pas le droit de veto. Si on nous avait dit que le veto y serait inscrit, pourquoi serions-nous devenus membres de l’Organisation des Nations Unies ?

Nous avons rejoint l’Organisation des Nations Unies car nous y sommes égaux en droits et non pour que se présente ensuite un État qui s’est arrogé le droit de s’opposer à toutes nos décisions et dispose d’un siège permanent. Qui le lui a accordé ? Quatre États se sont octroyé leur siège. Le seul pays qui dispose d’un siège permanent à l’issue d’un vote de l’Assemblée générale est la Chine. Nous lui avons donné nos voix pour qu’il y siège de manière permanente. La Chine est le seul État dont la présence au Conseil est démocratique. S’agissant des quatre autres sièges, leur présence relève de la dictature, nous a été imposée et nous ne la reconnaissons pas ni ne devons l’accepter.

La réforme du Conseil de sécurité ne doit pas s’orienter vers une augmentation du nombre de sièges. Une telle mesure reviendrait à « ajouter trop d’eau à l’argile », comme le dit littéralement un proverbe arabe. J’ignore comment l’interprète a traduit cette expression mais elle est l’équivalent de « retourner le couteau dans la plaie ». Sa traduction n’est pas aisée mais elle signifie « empirer les choses » ou « rajouter une couche ». De quelle façon ? Car d’autres grands pays rejoindraient alors ces grandes puissances dont nous subissons les décisions et dont l’emprise sera de plus en plus pesante. Nous nous opposons par conséquent à une augmentation du nombre de sièges permanents. Cette solution n’est pas la bonne et serait même risquée car elle renforcerait davantage le rôle des grandes puissances. Les pays du tiers monde seraient alors écrasés ainsi que tous les petits pays qui composent désormais le groupe des Cent, les cent petits pays qui forment le Forum des petits États.

La création de nouveaux sièges pour d’autres grandes puissances entraînerait l’écrasement de ces pays. Nous rejetons cette idée qui doit être abandonnée et à laquelle il faut s’opposer fermement. En outre, cela entraînerait une pauvreté, des injustices et des tensions accrues à l’échelle mondiale et entraînerait une compétition féroce entre de très nombreux pays pour l’obtention de sièges au Conseil de sécurité. Seraient ainsi en concurrence l’Italie, l’Allemagne, l’Indonésie, l’Inde, le Pakistan, les Philippines, le Japon, le Brésil, le Nigéria, l’Argentine, l’Algérie, la Libye, l’Égypte, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Turquie, l’Iran, la Grèce et l’Ukraine. Tous ces pays revendiqueront un siège au Conseil de sécurité jusqu’à ce que le nombre de membres du Conseil atteigne presque celui de l’Assemblée, ce qui n’est pas réaliste.

Quelle est la solution ? La proposition requise est soumise aujourd’hui à l’Assemblée générale, présidée par M. Ali Treki, qui devra se prononcer par vote. Il s’agit de prendre en compte les décisions prises à la majorité des voix de l’Assemblée générale sans tenir compte de tout autre organe. Cette solution fermera la porte à l’animosité entre les pays et à une augmentation du nombre de sièges au Conseil de sécurité.

Cette proposition est soumise à l’Assemblée générale, au Secrétaire général et à M. Treki. Cela permettra de baser l’appartenance à l’Organisation sur le fédéralisme, d’instaurer un système démocratique fondé sur l’égalité de tous les États Membres et de confier le mandat du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale. Les fédérations, plutôt que les États, en seront membres. En effet, si nous ouvrons la voie à la réforme du Conseil telle qu’elle est actuellement envisagée, tous les États voudront disposer d’un siège au Conseil de sécurité, ce qui est leur droit puisque l’égalité entre les États est inscrite dans le Préambule de la Charte. Comment les en empêcher ? Qui peut le leur interdire ?

Qui peut empêcher l’Italie de revendiquer un siège si on en accorde un à l’Allemagne ? L’Italie est le premier pays à avoir rejoint les Alliés et quitté l’Axe alors que l’Allemagne était l’agresseur et a été vaincue. Pas l’Allemagne actuelle, l’Allemagne nazie. De même, si l’Inde obtient un siège, ce à quoi elle peut légitimement prétendre, le Pakistan doit en avoir un aussi. Ces deux États disposent de l’arme nucléaire et sont en guerre. C’est une solution dangereuse. Si le Japon obtient un siège, pourquoi en refuser un à l’Indonésie qui est le plus grand pays musulman au monde ? Que répondrez-vous ensuite à la Turquie, à l’Iran, à l’Ukraine, au Brésil, à l’Argentine ou à la Libye, qui a abandonné son programme d’armement nucléaire et qui mérite donc le droit de siéger au Conseil de sécurité car elle a contribué à la sécurité internationale ? L’Égypte, le Nigéria, l’Algérie, le Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et l’Ukraine sont également des États importants. Il faut abandonner cette idée.

L’élargissement du Conseil est un stratagème absurde. Comment procéder à la réforme de l’ONU si d’autres grandes puissances viennent nous imposer leur volonté ? La solution est donc l’instauration de la démocratie au sein du Congrès du monde qu’est l’Assemblée générale. Il faut confier le mandat du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale, le Conseil devenant simplement un organe exécutif pour la mise en œuvre des décisions de l’Assemblée.

L’Assemblée est le Parlement du monde, le congrès mondial, le législateur. Seules ses décisions ont un caractère obligatoire. C’est cela la démocratie. Le Conseil de sécurité doit se soumettre aux décisions de l’Assemblée générale et ne doit pas s’élever au-dessus d’elle. S’il le fait, nous devons le rejeter dès à présent. Ce sont là les organes législatifs des Membres de l’Organisation des Nations Unies et leurs résolutions devraient avoir force de loi. On dit que l’Assemblée générale devrait faire tout ce que le Conseil de sécurité recommande. Au contraire, le Conseil de sécurité devrait faire tout ce que l’Assemblée décide. Il s’agit des Nations Unies, de l’Assemblée qui compte 192 pays. Il ne s’agit pas du Conseil de sécurité qui ne compte que 15 États Membres.

Comment pouvons-nous être satisfaits de la paix et de la sécurité mondiales lorsque le monde entier est contrôlé par seulement cinq pays ? Nous sommes 192 nations et pays et nous sommes comme des orateurs dans le Speakers’ Corner (coin des orateurs) de Hyde Park à Londres. Nous ne faisons que parler et personne n’applique nos décisions. Nous faisons de la figuration et n’avons pas notre mot à dire. Nous sommes exactement comme les orateurs du Speakers’ Corner. Nous faisons simplement un discours et, ensuite, nous disparaissons. C’est ce que vous faites actuellement.

Une fois que le Conseil de sécurité sera transformé en pouvoir exécutif qui, seul, appliquera les résolutions adoptées par l’Assemblée générale, il n’y aura plus de rivalité pour devenir membre du Conseil. Une fois que le Conseil de sécurité sera transformé en outil pour appliquer les résolutions de l’Assemblée générale, il n’y aura plus de compétition. Le Conseil de sécurité devrait, tout simplement, représenter toutes les nations. Conformément à la proposition présentée à l’Assemblée générale, il devrait y avoir des sièges permanents au Conseil de sécurité pour toutes les unions et tous les groupes de pays.

Les 27 pays de l’Union européenne devraient avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. Les pays de l’Union africaine devaient avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. Les pays d’Amérique latine et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est devraient avoir des sièges permanents. La Fédération de Russie et les États-Unis d’Amérique sont déjà des membres permanents du Conseil de sécurité. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), une fois qu’elle est pleinement constituée, devrait avoir un siège permanent. Les 22 pays de la Ligue des États arabes devraient avoir un siège permanent. Les 57 pays de l’Organisation de la Conférence islamique devraient avoir un siège permanent. Les 118 pays du Mouvement des pays non alignés devraient avoir un siège permanent.

Il y a également le G-100 ; peut-être les petits pays devraient eux aussi avoir un siège permanent. Les pays qui ne font pas partie de ces unions que j’ai mentionnées pourraient peut-être avoir également un siège permanent qu’ils occuperont à tour de rôle tous les six ou 12 mois. Je pense notamment aux pays comme le Japon et l’Australie qui ne font pas partie de ces organisations, telles que l’ASEAN, ou comme la Fédération de Russie qui n’est pas membre des unions européenne, latino-américaine ou africaine. Cela pourrait être une solution pour ces pays si l’Assemblée générale vote pour cette proposition.

Cette question est de la plus haute importance. Comme je l’ai déjà dit, l’Assemblée générale est le Congrès et le Parlement du monde, le dirigeant du monde. Nous sommes les nations qui la composent et toute entité qui ne fait pas partie de cette l’Assemblée générale ne sera pas reconnue. Le Président de l’Assemblée, M. Ali Abdussalam Treki, et le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, rédigeront le texte du projet et établiront les comités nécessaires pour présenter cette proposition et la mettre aux voix. Notre proposition est donc que le Conseil de sécurité sera composé d’unions de nations. Ainsi, nous consacrerons les principes de justice et de démocratie et nous n’aurons désormais plus un Conseil de sécurité composé de pays choisis parce qu’ils ont des armes nucléaires, de grandes économies ou des technologies avancées. C’est ça le terrorisme. Nous ne pouvons permettre que le Conseil de sécurité soit dirigé par des superpuissances : c’est bien là le terrorisme en soi.

C’est ce que nous devrions faire si nous voulons un monde unifié, sûr et pacifique. Si nous voulons continuer de vivre dans un monde en proie à la guerre, c’est à vous de voir. Nous continuerons d’avoir des conflits et de nous battre jusqu’au jour du jugement dernier ou de la fin du monde. Tous les membres du Conseil de sécurité devraient avoir le droit d’user du veto, ou alors, nous devrions nous débarrasser de l’idée même du veto avec cette nouvelle formation du Conseil. Ce serait un véritable Conseil de sécurité. Selon ces nouvelles propositions présentées à l’Assemblée générale, ce serait un conseil exécutif contrôlé par l’Assemblée générale qui aura réellement le pouvoir et pourra faire toutes les règles.

Ainsi, tous les pays seront sur un pied d’égalité au sein du Conseil de sécurité, tout comme ils le sont au sein de l’Assemblée générale. Au sein de l’Assemblée générale, nous sommes tous traités sur un pied d’égalité pour ce qui est de devenir membre et de voter. Tel devrait également être le cas au sein du Conseil de sécurité. Aujourd’hui, un pays a le droit de veto, un autre pays n’a pas le droit de veto ; un pays a un siège permanent, un autre pays n’a pas de siège permanent. Nous ne saurions accepter cela et nous ne devrions accepter aucune résolution adoptée par le Conseil de sécurité dans sa composition actuelle. Nous avons été placés sous tutelle, nous avons été colonisés et maintenant nous sommes indépendants. Nous sommes ici aujourd’hui pour décider de l’avenir du monde d’une manière démocratique pour maintenir la paix et la sécurité de toutes les nations, grandes et petites, sur un pied d’égalité. Sans cela, c’est du terrorisme, car le terrorisme n’est pas seulement celui d’Al-Qaida, mais revêt également d’autres formes.

Nous devrions être guidés par la majorité qui se dégage des votes au sein de l’Assemblée générale seulement. Si l’Assemblée générale prend une décision en la mettant aux voix, ses ordres devraient être suivis et sa décision devrait être appliquée. Nul n’est au-dessus de l’Assemblée générale ; toute entité affirmant être au-dessus de l’Assemblée générale devrait quitter l’ONU et être isolée. La démocratie n’est pas pour les riches et les plus puissants ou pour ceux qui commettent des actes terroristes. Toutes les nations devraient être et devraient apparaître sur un pied d’égalité.

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité est le symbole du féodalisme de la sécurité, du féodalisme politique exercé par les membres permanents pour se protéger et pour s’en servir contre nous. On ne devrait pas l’appeler Conseil de sécurité mais Conseil de terreur. Sur le plan politique, s’ils ont besoin d’utiliser le Conseil de sécurité contre nous, ils s’adressent au Conseil de sécurité. S’ils n’ont pas besoin de l’utiliser contre nous, ils ignorent le Conseil de sécurité. S’ils ont un intérêt à défendre ou un but à poursuivre, ils respectent et magnifient la Charte des Nations Unies ; ils ont recours au Chapitre VII de la Charte et l’utilisent contre les nations pauvres. Mais, s’ils souhaitent violer la Charte, ils l’ignorent comme si elle n’existait pas du tout. Si l’on donne un droit de veto aux membres permanents du Conseil de sécurité qui ont déjà le pouvoir, c’est de l’injustice et du terrorisme et nous ne saurions le tolérer. Nous ne devrions pas vivre à l’ombre de cette injustice et sous la terreur.

Les superpuissances ont des intérêts mondiaux complexes, et elles se servent du veto pour défendre ces intérêts. Par exemple, au Conseil de sécurité, ils utilisent le pouvoir de l’Organisation des Nations Unies pour défendre leurs intérêts et pour terroriser et intimider le tiers monde, amenant celui-ci à vivre dans la terreur.

Depuis le début, depuis sa création en 1945, le Conseil de sécurité n’a pas assuré la sécurité. Au contraire, il a produit la terreur et des sanctions. Il est uniquement utilisé contre nous. Pour cette raison, nous ne nous engagerons plus à mettre en application les résolutions du Conseil de sécurité après ce discours, qui marque le quarantième anniversaire.

Soixante-cinq guerres ont éclaté : ou des combats entre petits pays, ou des guerres d’agression menées contre nous par les superpuissances. Le Conseil de sécurité, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies, n’a pris aucune mesure pour mettre fin à ces guerres ou ces actes d’agression contre des petits pays et peuples. L’Assemblée générale va voter un certain nombre de propositions historiques. Ou bien nous agissons ensemble, ou bien nous serons divisés. Si chaque nation avait sa propre version de l’Assemblée générale, son Conseil de sécurité ainsi que les divers instruments, et si toutes les nations étaient sur un même pied d’égalité, les puissances qui ont maintenant des sièges permanents seraient obligées de se servir de leurs organes souverain – qu’il y en ait trois ou quatre – et d’exercer leurs droits contre elles-mêmes. Cela ne nous préoccupe pas du tout.

Aucune importance s’ils veulent garder leurs sièges permanents. Les sièges permanents ne nous préoccupent pas du tout. Nous n’accepterons jamais d’être sous leur contrôle ou celui du droit de veto qui leur a été accordé. Nous ne sommes pas stupides au point de donner le droit de veto à des superpuissances pour qu’elles s’en servent pour nous traiter comme des citoyens de deuxième ordre ou des nations paria. Ce n’est pas nous qui avons décidé que ces pays étaient des superpuissances et des nations respectables qui ont le pouvoir d’agir au nom de 192 pays.

Vous devriez également comprendre que la raison pour laquelle nous ne tenons pas compte des résolutions du Conseil de sécurité est que celles-ci sont utilisées uniquement contre nous et pas contre les superpuissances qui ont des sièges permanents et le droit de veto. Ces puissances n’utilisent jamais de résolutions contre elles-mêmes.

Mais elles sont utilisées contre nous. Cela a réduit l’Organisation des Nations Unies à un simulacre de ce qu’elle est censée être, a causé des guerres et a violé la souveraineté des États indépendants. Cela a entraîné des crimes de guerre et des génocides, et tout cela en violation de la Charte des Nations Unies.

Puisque personne ne tient compte du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, tous les pays et toutes les communautés ont créé leurs propres Conseils de sécurité, et en conséquence, le Conseil de sécurité qui siège ici se retrouve isolé.

L’Union africaine a déjà institué son propre Conseil de paix et sécurité, l’Union européenne a créé un Conseil de sécurité et les pays asiatiques ont déjà crée leur Conseil de sécurité. Bientôt, l’Amérique latine aura son propre Conseil de sécurité, de même que les 120 pays non alignés.

Cela signifie que nous n’avons plus confiance dans le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, qui ne nous a pas donné de sécurité, et c’est pour cette raison que nous sommes maintenant en train de créer de nouveaux Conseils de sécurité régionaux.

Nous ne nous engageons pas à respecter les règles ou les résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies sous sa forme actuelle parce qu’il n’est ni démocratique ni juste, mais dictatorial. Personne ne peut nous forcer à nous joindre au Conseil de sécurité ou à obéir ou respecter ses résolutions ou ses ordres, avec sa structure actuelle.

Par ailleurs, il n’existe ni respect à l’égard de l’Organisation des Nations Unies ni considération pour l’Assemblée générale, qui constitue en fait la vraie Organisation des Nations Unies, mais dont les résolutions n’ont pas force obligatoire. Les décisions de la Cour internationale de Justice, l’organe judiciaire international, sont uniquement rendues contre les petits pays et les nations du tiers monde. Les pays puissants échappent à l’attention de la Cour. Ou alors, lorsque des décisions judiciaires sont prises contres ces pays puissants, elles ne sont pas mises en application.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est une agence importante du système des Nations Unies. Cependant, les pays puissants ne sont pas obligés de lui rendre des comptes et ne relèvent pas de sa compétence. Nous avons découvert que l’AIEA est uniquement utilisée contre nous. On nous dit qu’il s’agit d’une organisation internationale, mais si tel est le cas, tous les pays du monde devraient relever de sa compétence. Si elle n’est pas réellement internationale, nous ne devrions plus l’accepter et nous devrions fermer ses portes, tout de suite après le prononcé de ce discours.

M. Treki, en sa qualité de président de l’Assemblée générale, devrait parler au Directeur général de l’AIEA, M. ElBaradei, et lui demander s’il est prêt à contrôler les stocks d’énergie nucléaire dans tous les pays et à vérifier toutes les éventuelles augmentations de stocks là où il existe des soupçons à ce sujet. S’il répond par l’affirmative, alors nous accepterons que l’agence est compétente. Si par contre il dit qu’il ne peut pas aller dans certains pays qui ont des capacités nucléaires et qu’ils ne relèvent pas de sa compétence, alors nous devrions fermer les portes de cette agence et rejeter sa compétence.

Pour votre information, j’ai appelé M. ElBaradei lorsque nous avions ce problème de la bombe nucléaire libyenne. J’ai appelé M. ElBaradei et je lui ai demandé si l’Agence contrôlait la mise en application des accords conclus entre les superpuissances pour réduire leurs fournitures nucléaires, et s’il savait s’il y avait une augmentation d’activité nucléaire dans ces pays. Il m’a répondu qu’il n’était pas en mesure de demander aux superpuissances de se laisser inspecter.

Alors cela veut-il dire que c’est nous uniquement que l’Agence inspecte ? Si tel est le cas, cette agence n’est pas une organisation internationale, puisqu’elle est sélective, tout à fait comme le Conseil de sécurité et la Cour internationale de Justice. Ceci n’est pas équitable, c’est contraire à l’esprit de l’Organisation des Nations Unies. Nous nous opposons catégoriquement à cette situation.

S’agissant de l’Afrique, qu’il y ait une réforme de l’Organisation des Nations Unies ou non, et même avant qu’on procède au vote sur des propositions historiques, on devrait accorder à l’Afrique un siège permanent au Conseil de sécurité. Elle n’a que trop attendu.

Même en laissant de côté la réforme de l’Organisation des Nations Unies, nous pouvons certainement dire que l’Afrique a été colonisée, isolée et persécutée et qu’on lui a ravi ses droits. Ses habitants ont été réduits en esclavage et traités comme des animaux, tandis que son territoire a été colonisé et mis sous un régime de tutelle. Les pays de l’Union africaine méritent un siège permanent. C’est une vieille dette qui doit être payée, et cela n’a rien à voir avec la réforme de l’Organisation des Nations Unies. C’est un sujet prioritaire et l’un des points les plus importants qui figurent à l’ordre du jour de l’Assemblée générale. Personne ne peut dire que l’Union africaine ne mérite pas un siège permanent.

Qui pourrait s’opposer à cette proposition ? Je défie quiconque de la contester. Où est la preuve que l’Union africaine ou le continent africain ne méritent pas un siège permanent ? Personne ne peut raisonnablement le nier.

Un autre point qui devrait faire l’objet d’un vote à l’Assemblée générale est celui de l’indemnisation des pays qui ont été colonisés, afin d’empêcher qu’à l’avenir, un continent ne soit colonisé et ne voie ses droits usurpés ou ses richesses pillées.

Pourquoi les Africains vont-ils en Europe ? Pourquoi les Asiatiques vont-ils en Europe ? Pourquoi les Latino-Américains vont-ils en Europe ? C’est tout simplement parce que l’Europe a colonisé l’Afrique et l’Asie. Elle a pillé et exploité les ressources nationales de ces pays – le pétrole, les minéraux, l’uranium, l’or et les diamants, les fruits et les légumes, le bétail et les populations. Nous avons aujourd’hui une nouvelle génération en Asie, en Afrique et en Amérique latine qui cherche à récupérer ces ressources pillées, et c’est son droit.

J’ai récemment arrêté à la frontière libyenne un millier d’Africains qui se dirigeaient vers l’Europe. Je leur ai demandé pourquoi ils y allaient et ils m’ont répondu que c’était pour reprendre les richesses qui leur avaient été volées ; sinon, ils n’auraient pas quitté leur pays. Qui peut nous rendre ce qui nous a été volé ? Si vous décidez de restituer toutes ces richesses, il n’y aura plus d’immigration des Philippines, d’Amérique latine, de Maurice et d’Inde. Qu’on nous rende ce qui nous a été volé. L’Afrique a droit à 777 000 milliards de dollars de réparations des pays qui l’ont colonisée. Les Africains exigeront cette somme, et si vous ne la leur donnez pas, ils iront là où vous avez emmené ces milliers de milliards de dollars. Ils ont le droit de le faire. Ils doivent suivre la trace de cet argent et le ramener.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’immigration libyenne vers l’Italie, alors même que la Libye est si proche ? L’Italie devait une compensation au peuple libyen. Elle a accepté ce fait et signé un accord avec la Libye, accord qui a été approuvé par les Parlements libyen et italien. L’Italie a reconnu qu’elle avait eu tort de coloniser la Libye et que c’était une chose à ne pas refaire ; et elle s’est engagée à ne pas attaquer le peuple libyen par voie terrestre, aérienne ou maritime. L’Italie a également accepté de verser à la Libye 250 millions de dollars de réparations chaque année pendant 20 ans et de construire un hôpital pour les Libyens mutilés par les mines plantées sur le territoire libyen pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Italie a présenté des excuses et promis qu’elle n’occuperait plus jamais le territoire d’un autre pays. Il faut saluer ces mesures prises par l’Italie, qui était un royaume à l’époque du régime fasciste et qui a beaucoup apporté à la civilisation, ainsi que le Premier Ministre Berlusconi et son prédécesseur qui ont également apporté leurs contributions en la matière.

Pourquoi le tiers monde exige-t-il des réparations ? Afin qu’il n’y ait plus de colonisation afin que les pays grands et puissants ne colonisent plus, sachant qu’ils auront à verser des réparations. Il faut punir la colonisation. Les pays qui ont nui à d’autres peuples à l’époque coloniale doivent verser des réparations pour les dommages et les souffrances infligés sous leur domination.

Il y a une autre chose que je voudrais dire, mais avant cela – et la question est assez délicate – je voudrais faire une petite digression. Nous, les Africains, sommes heureux et même fiers qu’un fils de l’Afrique soit aujourd’hui Président des États-Unis d’Amérique. C’est un événement historique. Aujourd’hui, dans un pays où autrefois les Noirs ne pouvaient pas côtoyer les Blancs dans les cafés ou les restaurants, ou s’asseoir à côté d’eux dans les autobus, le peuple américain a élu à la présidence un jeune homme noir d’origine kenyane, M. Obama. C’est merveilleux, et nous en sommes fiers. C’est le début d’un changement. Mais en ce qui me concerne, Obama est un soulagement temporaire pour les quatre ou huit prochaines années. J’ai bien peur que nous ne revenions au point de départ. Personne ne peut garantir comment l’Amérique sera gouvernée après Obama.

Nous serions heureux qu’Obama puisse rester éternellement Président des États-Unis d’Amérique. La déclaration qu’il vient de prononcer montre qu’il est totalement différent de tous les présidents américains que nous avons vus. Les présidents américains avaient pour habitude de nous menacer avec toutes sortes d’armes, disant qu’ils allaient envoyer les opérations Tempête du désert, Raisins de la colère, Rolling Thunder, et des roses empoisonnées pour les enfants libyens. C’était leur façon de procéder. Les présidents américains avaient pour habitude de nous menacer avec des opérations telles que Rolling Thunder au Viet Nam ; Tempête du désert en Iraq ; Mousquetaire en Égypte en 1956, alors que l’Amérique y était opposée ; et les roses empoisonnées envoyées par Reagan aux enfants libyens. Vous vous rendez compte ! On aurait pu croire que les présidents d’un grand pays ayant un siège permanent au Conseil de sécurité et le droit de veto nous auraient protégés et donné la paix. Et qu’avons-nous eu au contraire ? Des bombes guidées au laser lancées par des F-111. C’était leur façon de procéder : nous dirigerons le monde, que cela vous plaise ou non, et nous châtierons tous ceux qui s’opposeront à nous.

Ce que notre fils Obama a dit aujourd’hui est complètement différent. Il a appelé sincèrement au désarmement nucléaire, ce dont nous nous félicitons. Il a également déclaré que l’Amérique ne pouvait pas, seule, régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés et que pour ce faire, le monde entier doit œuvrer de concert. Il a dit que nous devons faire plus que ce que nous faisons actuellement, à savoir des discours. Nous sommes d’accord et nous nous en félicitons. Il a ajouté que nous étions venus à l’ONU pour parler les uns contre les autres. Il est vrai que lorsque nous venons ici, nous devrions communiquer sur un pied d’égalité. Et la démocratie, a-t-il dit, ne saurait être imposée de l’extérieur. Tout récemment encore, les présidents américains disaient que la démocratie devrait être imposée à l’Iraq et à d’autres pays. Obama a dit que c’était une affaire intérieure, et il a dit vrai lorsqu’il a déclaré que la démocratie ne pouvait être imposée de l’extérieur.

Restons attentifs avant d’aborder le point sensible. Considérez quelques instants l’expression suivante : « un monde multipolaire ». Le monde doit-il forcément être multipolaire ? Pourquoi les nations ne seraient-elles pas toutes placées sur un pied d’égalité ? Donnez-nous la réponse. Quelqu’un est-il en mesure de répondre et d’affirmer que la multipolarité est préférable ? Pourquoi n’y aurait-il pas d’égalité entre les nations, sans aucun pôle ? Est-il important d’avoir un patriarche ? Est-il important d’avoir des papes ? Doit-il y avoir des dieux ? Pourquoi vouloir un monde multipolaire ? Nous rejetons l’idée d’un monde multipolaire. Nous voulons un monde sans pôles dans lequel toutes les nations, petites et grandes, sont égales. Les pôles nous écrasent.

Le point sensible que je souhaite aborder est l’emplacement du Siège de l’Organisation des Nations Unies, le lieu où nous nous trouvons actuellement. Je vous remercie de bien vouloir rester attentifs. Vous avez tous traversé des océans et des continents – l’océan Atlantique, l’océan Pacifique, l’Asie, l’Europe et l’Afrique – pour venir ici. Pourquoi ? Est-ce Jérusalem ? Est-ce le Vatican ? Est-ce La Mecque ? Vous êtes tous éreintés, endormis et souffrez du décalage horaire dont vous pâtissez sur le plan physique. Une personne vient d’arriver après 20 heures de vol et vous lui demandez de prononcer une allocution et de discuter de l’avenir du monde.

Il est clair que vous êtes tous assoupis et fatigués. Pour quelles raisons ? Pourquoi cette fatigue ? Vous, par exemple, dans votre pays, les gens dorment en ce moment, en pleine nuit, mais vous êtes réveillés alors que vous devriez dormir en fonction de votre horloge biologique. Je me suis réveillé ce matin à quatre heures, heure locale de New York, avant l’aube, car en Libye cela correspond à 11 heures du matin. Je me suis levé tard si on tient compte du fait qu’il est 11 heures en Libye. Je suis debout depuis 4 heures ce matin.

Réfléchissez et dites-moi ce qui justifie toute cette fatigue. Si cela a été décidé en 1945, la situation doit-elle pour autant perdurer jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi ne pas envisager un lieu intermédiaire et confortable ? C’est là le premier point. Le deuxième point important concerne les États-Unis, le pays hôte chargé d’assurer la sécurité au Siège de l’ONU et de veiller à la sécurité des délégations permanentes et des dizaines de chefs d’État qui se rendent au Siège chaque année. Cela implique une sécurité renforcée, des dépenses, des coûts et une tension extrême à New York et dans tout le pays.

Je veux délester l’Amérique de ce poids. Soulagez-la de cette charge et remerciez-la. Remerciez l’Amérique et dites-lui que vous voulez l’aider et tranquilliser New York. Il faut rassurer l’Amérique. Elle n’aura plus à assumer la responsabilité de dizaines de chefs d’État qui se rendent au Siège. Imaginons que quelqu’un fasse exploser l’avion ou la voiture d’un Président. Un terroriste peut aussi venir faire sauter ce bâtiment qui, d’ailleurs, est la cible d’Al-Qaida. Oui, ces locaux. Pourquoi alors n’ont-ils pas été frappés le 11 septembre ? C’est qu’ils n’ont pas eu le choix. Les opérations avortées étaient peut-être dirigées contre ce lieu, qui est la prochaine cible visée. Mes propos sont fondés. Des dizaines de membres d’Al-Qaida sont en effet détenus dans nos prisons et leurs aveux sont très troublants. L’Amérique vit ainsi sous très haute tension car le bâtiment de l’Organisation des Nations Unies peut être la cible d’un détournement d’avion ou d’un missile pouvant entraîner la mort de dizaines de chefs d’État. Nous voulons soulager l’Amérique de ce poids. Nous la remercions, ne demandons qu’à l’aider et à transférer le Siège dans un lieu non menacé.

Au bout de 50 ans, le Siège devrait être transféré vers une autre partie du monde. Cinquante ans en Occident suffisent. Les 50 années suivantes, il devrait se trouver au centre du globe ou en Orient et ainsi de suite tous les 50 ans : à l’Est, à l’Ouest, au centre. Le Siège se trouve ici depuis 64 ans, soit 14 ans de plus que la période qu’il faudrait respecter. Il devrait être transféré.

Cela n’a bien entendu rien à voir avec les États-Unis. C’est un service que nous rendons à l’Amérique, une aide que nous lui apportons en la remerciant. La situation en place était d’actualité en 1945 mais ne saurait être maintenue aujourd’hui. Nous ne l’acceptons plus. Cette proposition est bien entendue soumise à un vote de l’Assemblée générale et de l’Assemblée générale seulement. Au titre de la section 23 de l’Accord de siège, le Siège de l’Organisation des Nations Unies ne peut être transféré que si l’Assemblée générale le décide à la majorité simple. Si 51 % des membres de l’Assemblée générale approuvent le transfert du Siège, le Siège doit être transféré. Nous n’avons pas à supporter tous ces tracas et à faire le voyage jusqu’ici depuis l’Inde, les Philippines, l’Australie ou les Comores. Je suis étonné que l’on demande à mon frère Ahmad, Président des Comores, de venir prononcer une allocution à l’Organisation des Nations Unies après 14 heures de vol. Comment peut-il prononcer une allocution alors qu’il subit les effets du décalage horaire ? Les personnes qui viennent ici subissent d’autres tracas.

Les États-Unis ont le droit d’imposer des restrictions importantes car le pays est la cible d’Al-Qaida, des terroristes. Il a le droit de prendre des mesures de sécurité et nous ne remettons certainement pas cela en cause. Cependant, sommes-nous obligés de passer par toutes ces mesures ? Cela n’est pas obligatoire. Pourquoi ? Pour nous rendre à New York ? Notre venue à New York et toutes ces mesures ne s’imposent pas. Un Président m’a fait part de ses griefs et expliqué que son copilote attitré n’avait pas été autorisé à entrer aux États-Unis en raison de restrictions. Il a alors demandé comment il pouvait traverser l’océan Atlantique sans lui et on lui a répondu de faire le voyage sans copilote ! Pourquoi ? Il n’a aucune obligation. Il n’est pas tenu de venir. Un autre Président s’est également plaint à moi et m’a dit que le chef de sa garde présidentielle n’avait pas obtenu de visa à cause d’une confusion sur son nom. Il a protesté mais est venu sans lui. Un autre Président m’a raconté que son médecin personnel n’avait pas pu l’accompagner car l’octroi de son visa posait problème et qu’il ne pouvait pas entrer aux États-Unis.

Vous constatez par vous-mêmes que les mesures sont ici extrêmement strictes. Si un pays a des relations tendues avec les États-Unis, il se voit imposer le choix de son représentant et de la composition de sa délégation. Il faut faire 50 pas dans une direction, marcher 500 mètres dans telle autre direction, comme si on se trouvait à Guantanamo. S’agit-il d’un membre de l’Organisation des Nations Unies ou d’un détenu de Guantanamo ?

Voici ce qui est soumis au vote de l’Assemblée générale : le transfert du Siège. Si 51 % de ses membres votent pour le transfert du Siège, il faudra procéder à un autre vote pour décider de son nouvel emplacement : au centre du globe ou en Orient ? Imaginons que l’Assemblée choisisse la première option et que la candidature de deux villes, Syrte et Vienne, soit soumise à un vote. Est-ce que, au centre du globe, vous souhaitez que le Siège se trouve à Syrte ou à Vienne ? À Syrte. Vous pouvez avancer sur 1 000 kilomètres sans que personne ne vous en empêche. Vous pouvez venir avec votre avion privé rempli de toutes les personnes qui vous entourent, même si elles n’ont pas de visa ; du moment qu’elles accompagnent le Président, elles le peuvent. C’est un pays sûr. Peut-on admettre de voir ses mouvements limités à 500 mètres ? La Libye n’a d’animosité envers personne et n’est pas menacée. De même, je ne pense pas que Vienne impose non plus de telles restrictions. Si, à l’issue du vote, le choix se porte sur l’Orient, il faudra opter pour la capitale indienne, Delhi, ou la capitale chinoise, Beijing.

Cela est logique, mes frères, et ne peut pas soulever d’objections. Par la suite, vous me remercierez d’avoir présenté cette proposition. Remerciez alors ceux qui ont voté pour. Vous n’aurez ainsi plus à subir 14, 15 ou 20 heures de vol pour venir ici ; pourquoi supporter cela ? Personne ne dit que la contribution des États-Unis à l’ONU sera réduite. Pourquoi avoir une mauvaise opinion de l’Amérique ? Au contraire, les États-Unis honorent leurs engagements envers cette Organisation et n’auront aucune raison de s’indigner ou de protester, bien au contraire. L’Amérique vous remerciera de l’avoir délestée d’un poids. L’Amérique devrait nous remercier d’avoir pris sur nous ce fardeau et toutes les restrictions, même si cet endroit est la cible de terroristes.

Nous en venons maintenant aux questions qui seront examinées par l’Assemblée générale. Nous sommes sur le point de remettre l’ONU en question ; la vieille Organisation va s’éteindre et une nouvelle va émerger. Ce n’est pas un rassemblement ordinaire. M. Obama lui-même l’a dit : il s’agit d’une réunion historique.

Pourquoi les guerres qui ont eu lieu après la création de l’ONU ont-elles éclaté ? Où était le Conseil de sécurité, où était la Charte, où était l’ONU ? Il devrait y avoir des enquêtes et une intervention judiciaire. Pourquoi y a-t-il eu des massacres ? Commençons par la guerre de Corée, qui a eu lieu après la création de l’ONU. Comment une guerre a-t-elle pu se déclarer et causer des millions de victimes ? Des armes nucléaires auraient pu être utilisées au cours de cette guerre. Les responsables de ce conflit devraient être jugés et devraient payer des indemnités et des dommages.

Venons-en maintenant à la guerre du Canal de Suez en 1956. Ce dossier devrait être grand ouvert. Trois pays ayant un siège permanent au Conseil de sécurité et qui jouissent du droit de veto au Conseil de sécurité ont attaqué un État Membre de l’Assemblée générale. Un État souverain – l’Égypte – a été attaqué, son armée décimée, des milliers d’Égyptiens tués et de nombreuses villes égyptiennes détruites, tout cela parce que l’Égypte voulait nationaliser le Canal de Suez. Comment une telle chose a-t-elle pu arriver à l’ère de l’Organisation des Nations Unies et de sa Charte ? Comment est-il possible de garantir qu’une telle chose n’arrivera plus, à moins de reconnaître ses torts passés ? C’était là de dangereux événements et les dossiers des guerres de Corée et du Canal de Suez devraient être rouverts.

Ensuite, passons à la guerre du Vietnam. Cette guerre a fait 3 millions de victimes. Pendant 12 jours, plus de bombes ont été larguées que pendant les quatre années qu’a duré la Seconde guerre mondiale. C’était un conflit plus acharné, et il s’est produit après la création de l’ONU et après que nous avions convenu qu’il n’y aurait plus de guerres.

L’avenir de l’humanité est en jeu. Nous ne pouvons rester silencieux. Comment pouvons-nous nous sentir en sécurité ? Comment pouvons-nous être satisfaits ? Il s’agit de l’avenir du monde, et nous qui sommes membres de l’Assemblée générale des Nations Unies devons faire en sorte que de telles guerres ne se répètent pas à l’avenir.

Puis ce fut au tour du Panama d’être attaqué, alors qu’il s’agissait un État Membre indépendant de l’Assemblée générale. Quatre mille personnes ont été tuées, et le Président de ce pays a été arrêté et jeté en prison. Noriega devrait être relâché, nous devrions rouvrir ce dossier. Comment pouvons-nous autoriser un pays qui est un État Membre de l’ONU à faire la guerre à un autre pays et à s’emparer de son Président, à le traiter comme un criminel et à le mettre en prison ? Qui accepterait cela ? Cela peut survenir de nouveau. Nous ne devons pas nous taire. Nous devons mener une enquête. Chacun d’entre nous pourrait se retrouver dans la même situation, surtout si une telle agression est perpétrée par un État Membre doté d’un siège permanent au Conseil de sécurité et chargé de veiller au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.

Ensuite, ce fut la guerre à Grenade. Ce pays a été envahi alors qu’il était un État Membre. Il a été attaqué par 5 000 navires de guerre, 7 000 soldats et des dizaines d’avions militaires, or c’est le plus petit pays du monde. Cela s’est produit après la création de l’ONU et du Conseil de sécurité et de son veto. Et le Président grenadien, M. Maurice Bishop, a été assassiné. Comment cela a-t-il pu se produire en toute impunité ? C’est une tragédie. Comment pouvons-nous déterminer que l’ONU est une bonne chose ou pas, qu’un certain pays est bon ou ne l’est pas ? Pouvons-nous, oui ou non, être en sécurité ou heureux au sujet de notre avenir ? Pouvons-nous, oui ou non, faire confiance au Conseil de sécurité ? Pouvons-nous, oui ou non, faire confiance à l’Organisation des Nations Unies ?

Nous devons jeter un coup d’œil sur les bombardements en Somalie, et ouvrir une enquête. La Somalie est un État Membre de l’ONU et un pays indépendant, dirigé par M. Aidid. Nous exigeons une enquête. Pourquoi cela est-il arrivé ? Qui a permis que cela arrive ? Qui a donné le feu vert pour que ce pays soit attaqué ?

Nous avons ensuite l’ex-Yougoslavie. Aucun pays n’était aussi paisible que la Yougoslavie, construite pas à pas et morceau par morceau après avoir été détruite par Hitler. Nous l’avons nous aussi détruite, comme si nous refaisions la même chose qu’Hitler. Tito avait progressivement construit ce pays pierre par pierre, puis nous sommes arrivés et nous l’avons anéantie au nom d’intérêts impérialistes personnels. Comment pouvons-nous nous en satisfaire ? Pourquoi ne pouvons-nous pas en être contents ? Si un pays pacifique tel que la Yougoslavie a connu une telle tragédie, l’Assemblée générale doit faire une enquête et doit décider qui devrait être jugé devant la Cour pénale internationale.

Puis, nous avons la guerre en Iraq – la mère de tous les maux. L’ONU devrait également enquêter sur ce dossier. L’Assemblée générale, présidée par Dr. Treki, devrait mener une enquête. L’invasion de l’Iraq était une violation de la Charte des Nations Unies. Cela s’est fait sans justification aucune par des superpuissances siégeant de façon permanente au Conseil de sécurité. L’Iraq est un pays indépendant et un État membre de l’Assemblée générale. Comment ces pays peuvent-ils attaquer l’Iraq ? Comme le stipule la Charte, l’ONU aurait dû intervenir et stopper l’attaque.

Nous avons pris la parole à l’Assemblée générale et nous l’avons exhortée à user de la Charte pour faire cesser cette attaque. Nous étions contre l’invasion du Koweït, et les pays arabes ont combattu aux côtés de pays étrangers au nom de la Charte des Nations Unies.

La première fois la Charte a été respectée. La deuxième fois que nous avons voulu utiliser la Charte pour stopper la guerre contre l’Iraq, personne ne l’a utilisée et ce document fut totalement ignoré. Pourquoi ? M. Treki et l’Assemblée générale devrait enquêter pour déterminer s’il y avait la moindre raison d’envahir l’Iraq. En effet, les raisons de cette attaque restent mystérieuses et ambiguës, et nous pourrions nous trouver face à la même situation.

Pourquoi l’Iraq a-t-il été envahi ? L’invasion elle-même était une grave violation de la Charte des Nations Unies, et c’était en outre une erreur. Il y a aussi eu un massacre total ou un génocide. Plus de 1,5 million d’Iraquiens ont été tués. Nous voulons que la Cour pénale internationale (CPI) soit saisi du dossier iraquien, et que ceux qui ont commis des meurtres de masse contre le peuple iraquien soient jugés.

Il est facile de juger Charles Taylor, Bashir, ou Noriega. C’est une tâche aisée. Entendu, mais qu’en est-il de ceux qui ont commis des meurtres de masse contre les Iraquiens ? Ne peuvent-ils pas être jugés ? Ne peuvent-ils pas comparaître devant la CPI ? Si la Cour n’est pas capable de faire ce que nous lui demandons, alors nous ne devrions pas l’accepter. Ou bien elle est conçue pour chacun d’entre nous, petits ou grands, ou bien nous devons la rejeter.

Quiconque commet un crime de guerre peut être jugé, mais nous ne sommes pas du bétail ou des animaux comme ceux que l’on massacre pour l’Aid. Nous avons le droit de vivre, et nous sommes prêts à nous battre et à nous défendre. Nous avons le droit de vivre dans la dignité, sous le soleil et sur la terre ; on nous a déjà mis à l’épreuve et nous avons tenu bon.

Il y a également d’autres choses. Pourquoi les prisonniers de guerre iraquiens peuvent-ils être condamnés à mort ? Lorsque l’Iraq a été envahi et que le Président iraquien a été arrêté, il était prisonnier de guerre. Il n’aurait pas dû être jugé, il n’aurait pas dû être pendu. Une fois la guerre terminée, il aurait dû être libéré. Nous voulons savoir pourquoi un prisonnier de guerre devait être jugé. Qui a condamné à mort le Président de l’Iraq ? Y a-t-il une réponse à cette question ? Nous connaissons l’identité du juge qui a conduit le procès. Mais quant à ceux qui ont serré le nœud autour du cou du Président le jour du sacrifice et l’ont pendu, ces personnes portaient des masques. Comment une telle chose a-t-elle pu se produire dans un monde civilisé ? Il s’agissait de prisonniers de guerre de pays civilisés obéissant au droit international. Comment des ministres d’un gouvernement et un chef de l’État ont-ils pu être condamnés à mort et pendus ? Ceux qui les ont jugés étaient-ils des avocats ou des membres d’un système judiciaire ?

Savez-vous ce que les gens disent ? Ils disent que les visages derrière ces masques étaient ceux du Président des États-Unis et du Premier Ministre du Royaume-Uni et que ce sont eux qui ont exécuté le Président iraquien.

Pourquoi les bourreaux ne montrent-ils pas leur visage ? Pourquoi ne connaissons-nous pas leur grade ? Pourquoi ne savons-nous pas s’il s’agissait d’officiers, de juges, de soldats ou de docteurs ? Comment se fait-il que le Président d’un État Membre de l’Organisation des Nations Unies ait été condamné à mort et exécuté ? Nous ne connaissons pas l’identité de ses bourreaux. L’ONU a le devoir de répondre à ces questions. Qui a exécuté la sentence de mort ? Ces personnes doivent bien avoir un statut juridique ou des responsabilités officielles. Nous devons connaître leur identité et nous devons savoir si un docteur était présent et quelle a été la nature de toutes les procédures judiciaires. Cela vaut pour tout citoyen ordinaire et encore plus pour le Président d’un État Membre de l’ONU qui a été exécuté de cette façon.

Mon troisième point concernant la guerre en Iraq porte sur Abu Ghraib, qui a constitué une honte pour l’humanité. Je sais que les autorités américaines vont enquêter sur ce scandale, mais l’ONU ne doit pas l’ignorer non plus. L’Assemblée générale devrait elle aussi mener une enquête. Les prisonniers de guerre détenus à la prison d’Abu Ghraib ont été torturés ; des chiens ont été lâchés sur eux ; des hommes ont été violés. Ces faits sont sans précédent dans l’histoire des guerres. Des actes de sodomie ont été commis, un péché sans précédent, auquel aucun agresseur ou envahisseur ne s’était jamais livré encore. Les prisonniers de guerre sont des soldats, mais ces prisonniers – là ont été violés dans leur geôle par un État qui est membre permanent du Conseil de sécurité. Cela va à l’encontre de la civilisation et de l’humanité. Nous ne pouvons pas rester sans rien dire ; nous devons connaître les faits. Aujourd’hui encore, il reste 250 000 prisonniers iraquiens, hommes et femmes, à Abu Ghraib. Ils sont maltraités, persécutés et violés. Il faut impérativement procéder à une enquête.

Passant à la guerre en Afghanistan, il faut là aussi qu’une enquête soit menée. Pourquoi sommes-nous contre les Taliban ? Pourquoi sommes-nous contre l’Afghanistan ? Qui sont les Taliban ? Si les Taliban souhaitent avoir un État religieux, il n’y a pas de problème. Prenez par exemple le Vatican. Est-ce que le Vatican représente une menace pour nous ? Non. Il s’agit d’un État religieux, très pacifique. Si les Taliban veulent créer un émirat islamique, qui dit que cela fait d’eux des ennemis ? Quelqu’un prétend-il que Ben Laden est un Taliban ou qu’il est afghan ? Ben Laden est-il taliban ? Non, il n’est pas taliban et il n’est pas afghan. Les terroristes qui ont frappé la ville de New York étaient-ils taliban ? Venaient-ils d’Afghanistan ? Ils n’étaient ni l’un, ni l’autre. Pour quelle raison a-t-on donc déclenché la guerre en Iraq et en Afghanistan ?

Si je voulais vraiment tromper mes amis américains et britanniques, je les encouragerais à envoyer davantage de troupes et à poursuivre ce bain de sang. Mais jamais ils ne l’emporteront en Iraq ou en Afghanistan. Regardez ce qui leur est arrivé en Iraq, qui est un désert. Les choses sont encore pires dans les montagnes de l’Afghanistan. Si je voulais les tromper, je leur dirais donc de continuer la guerre en Iraq et en Afghanistan. Mais non, je veux sauver les citoyens des États-Unis, du Royaume-Uni et des autres pays qui combattent en Iraq et en Afghanistan. C’est pourquoi je leur dis : laissez l’Afghanistan aux Afghans ; laissez l’Iraq aux Iraquiens. S’ils veulent se faire la guerre entre eux, ils sont libres de le faire.

L’Amérique a eu sa Guerre civile, et personne n’est intervenu. Il y a eu des guerres civiles en Espagne, en Chine et dans d’autres pays partout dans le monde, aucune zone de la planète n’a été épargnée par la guerre civile. Qu’il y ait donc une guerre civile en Iraq. Si les Iraquiens veulent une guerre civile et s’entretuer, laissons-les faire. Qui peut affirmer que si les Taliban forment un gouvernement, ils posséderont alors des missiles intercontinentaux ou des avions capables de frapper New York ? Les avions qui ont attaqué New York ont-ils décollé d’Afghanistan ou d’Iraq ? Non, ils ont décollé d’aéroports américains. Pourquoi donc s’en prendre à l’Afghanistan ? Les terroristes n’étaient pas afghans, ni talibans, ni iraquiens.

Pourquoi nous taisons-nous ? Nous ne devons jamais être des fauteurs de guerre. Quiconque ne dit pas la vérité est un suppôt de Satan. Nous sommes attachés à la paix et à la sécurité internationales. Notre intention n’est pas de mépriser ou de ridiculiser le genre humain. Nous voulons sauver l’humanité.

En tant que Président de l’Assemblée générale, M. Ali Treki devrait ouvrir une enquête sur les assassinats, en plus d’une enquête sur les guerres. Qui a tué Patrice Lumumba, et pourquoi ? Nous voulons simplement que cela figure dans les annales de l’histoire africaine. Nous voulons savoir comment un dirigeant africain, un libérateur, a pu être assassiné ? Qui l’a tué ? Nous voulons que nos fils puissent lire l’histoire de l’assassinat de Patrice Lumumba, le héros de la lutte pour la libération du Congo. Nous voulons connaître les faits, même 50 ans plus tard. C’est l’un des dossiers que nous devons rouvrir.

Qui a tué le Secrétaire général Hammarskjöld ? Qui a tiré sur son avion en 1961 et pourquoi ?

Il y a également l’assassinat du Président des États-Unis Kennedy en 1963. Nous voulons savoir qui l’a tué et pourquoi. Quelqu’un du nom de Lee Harvey Oswald, qui a ensuite été tué par un certain Jack Ruby. Pourquoi l’a-t-il tué ? Jack Ruby, un Israélien, a tué Lee Harvey Oswald, qui a tué Kennedy. Pourquoi cet Israélien a-t-il tué l’assassin de Kennedy ? Puis Jack Ruby, l’assassin de l’assassin de Kennedy, est mort dans des circonstances mystérieuses avant d’avoir pu être jugé. Nous devons ouvrir ces dossiers. Le monde entier sait que Kennedy voulait enquêter sur le réacteur nucléaire israélien Dimona. Cette affaire concerne la paix et la sécurité internationales ainsi que la question des armes de destruction massive. C’est pourquoi nous devons ouvrir ce dossier.

Et puis il y a le dossier Martin Luther King, révérend et militant noir des droits de l’homme dont l’assassinat est le résultat d’un complot. Nous devons ouvrir ce dossier et savoir qui sont les responsables et les traduire en justice.

Ensuite, il y a l’assassinat du Palestinien Khalil al-Wazir, ou Abu Jihad, tué dans l’attentat perpétré contre lui dans un État Membre souverain, la Tunisie, où il vivait en toute quiétude. Quatre navires de guerre, deux sous-marins et deux hélicoptères ont pris part à l’agression. La souveraineté de cet État a été bafouée pour tuer Khalil al-Wazir. Comment se taire devant de tels actes ? Devons-nous continuer d’être exposés chaque jour à des attaques par des sous-marins et des navires de guerre qui débarquent sur nos côtes pour prendre qui ils veulent sans avoir à rendre des comptes ? Nous devons demander des comptes ? Nous devons ouvrir le dossier de l’assassinat d’Abou Ayad et enquêter sur les circonstances troubles de sa mort. Vient ensuite l’opération Ferdan, ou opération « Yanbu’ al-chabab » (Elixir de jeunesse), au cours de laquelle ont été tués Kamel Nasser, un poète, Kamel Adwan et Abu Youssef al-Najjar, trois Palestiniens agressés au Liban, un État souverain Membre de l’Assemblée générale des Nations Unies alors qu’ils croyaient vivre en sécurité dans la capitale. Dans cette affaire, nous devons découvrir l’auteur de ce crime pour qu’il soit jugé et qu’un tel acte ne se reproduise pas.

Nous avons déjà évoqué l’invasion de la Grenade, membre de cette Assemblée, lors de laquelle le Président Bishop a trouvé la mort. Sept mille soldats, 15 navires de guerre et des dizaines de bombardiers ont participé à cette opération contre un État Membre. Il s’agit de crimes qu’on ne peut taire. Autrement, nous donnerions l’impression d’être des sacrifiés et chaque année viendrait le tour de l’un d’entre nous. Nous ne sommes pas des animaux en laisse. Nous luttons pour notre existence, pour nos enfants et nos petits-enfants. Nous n’avons pas peur car nous avons le droit de vivre. La Terre n’a pas été créée pour les grandes puissances. Dieu l’a créée pour nous tous. Est-ce que nous allons y vivre dans la servilité ? Certainement pas.

Des enquêtes doivent être ouvertes sur d’horribles guerres, assassinats et massacres. Le massacre de Sabra et Chatila a fait 3 000 morts. Cette zone était sous la responsabilité de l’armée israélienne d’occupation. Un massacre y a été perpétré contre des hommes, des femmes et des enfants pour la plupart Palestiniens. Trois mille morts… Comment se taire devant un tel crime alors que le Liban est un pays indépendant et membre de cette Assemblée qui a été occupé, dont la région de Sabra et Chatila a été prise sous contrôle et où 3 000 personnes ont été tuées ?

Ensuite, il y eu la tuerie de Gaza en 2008. Pour rappel, 1 000 femmes y ont été tuées ou blessées ainsi que 2 200 enfants, soit 3 200 femmes et enfants. Cinquante bâtiments des Nations Unies ont été détruits durant l’agression ainsi que 30 autres appartenant à des organisations non gouvernementales. Soixante centres de soins ont été détruits et 40 médecins et infirmiers ont trouvé la mort alors qu’ils œuvraient dans le cadre de l’action humanitaire. Il s’agit là du massacre de Gaza, perpétré en décembre 2008.

Les agresseurs sont connus et toujours en vie. Ils doivent être jugés par la Cour pénale internationale. Seuls les petits États et les pays du tiers monde sont-ils traduits devant cette institution, à l’exclusion des protégés ? Si elle n’est pas internationale, nous non plus ne la reconnaissons pas ; si elle est internationale, alors tous les pays doivent être justiciables. Si les décisions de la Cour ne sont pas respectées et appliquées, si l’Agence internationale pour l’énergie atomique n’est pas au service de tous les pays, si l’Assemblée générale n’a aucun poids et si le Conseil de sécurité est monopolisé, alors à quoi sert l’Organisation des Nations Unies ? À rien. Qu’est-ce que l’Organisation des Nations Unies ? Qui sommes-nous ? Il n’y a pas de Nations Unies.

Venons-en maintenant à la piraterie. Il s’agit d’un phénomène qui peut se propager à toutes les mers du monde et constituer un danger similaire au terrorisme. S’agissant de la piraterie au large des côtes somaliennes, j’affirme que les Somaliens ne sont pas des pirates. Nous sommes les pirates. Nous avons mis la main sur leurs ressources, leurs moyens d’existence, leurs zones économiques et leurs eaux territoriales. Tous nos bateaux – libyens, indiens, américains, japonais et de tous les autres pays – commettent des actes de piraterie, et nous sommes tous des pirates. Nous avons violé les eaux somaliennes et une fois le pays submergé, nous sommes venus le piller. Afin de protéger leurs ressources halieutiques qui constituent leurs richesses et celles de leurs enfants, les Somaliens se sont tournés vers la piraterie. Ce ne sont pas des pirates car ils protègent les ressources destinées à leurs enfants. Vous voulez à présent régler le problème de manière erronée en proposant d’envoyer des bateaux de guerre contre les Somaliens. Ces bateaux doivent plutôt être dirigés contre les pirates qui ont mis la main sur les richesses des Somaliens et les ressources de leurs enfants. Ce sont les bateaux de pêche étrangers qu’il faut attaquer.

J’ai rencontré les pirates et leur ai dit que j’œuvrais à l’élaboration d’un traité avec la communauté internationale stipulant que la zone économique maritime de Somalie de 200 miles marins doit être respectée, conformément au droit de la mer, et que toutes les ressources maritimes de cette zone appartiennent aux Somaliens. Le monde doit respecter cette région, et tous les pays doivent s’interdire de procéder à des rejets toxiques polluants dans les eaux territoriales et près des côtes somaliennes. En contrepartie, les somaliens doivent cesser d’attaquer les navires. Cet accord sera finalisé et soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies. Voilà quelle doit être la solution plutôt que d’envoyer d’autres navires pour attaquer les Somaliens. Encore plus astucieux, des navires de guerre ont été envoyés pour empêcher aux Somaliens de quitter les ports et donc de rapporter le fruit de leur pêche à leurs enfants.

Nous n’abordons pas le problème de la piraterie de la bonne façon, de même que nous n’adoptons pas la bonne approche pour lutter contre le terrorisme et les maladies. Pourquoi la manière de faire face aux maladies est-elle erronée ? Si les vaccins contre la grippe porcine – il y aura peut-être à l’avenir la grippe du poisson car les entreprises liées aux services de renseignement y travaillent – se vendent à des prix prohibitifs, c’est qu’il s’agit de commerce. Un virus est créé et propagé à travers le monde pour que les entreprises capitalistes fassent des profits grâce à la vente des médicaments. Cela est inadmissible. Les vaccins et les médicaments ne doivent pas se vendre mais doivent être offerts gratuitement. Lisez le Livre Vert, il interdit de vendre les médicaments. Annoncez la gratuité des médicaments et des vaccins et les virus ne se propageront plus car ils sont créés pour que des vaccins soient mis au point et que les entreprises capitalistes en tirent profit. C’est une mauvaise démarche. Proclamez la gratuité des vaccins, même en cas de virus réels car ils doivent être fournis gratuitement. Le monde doit s’évertuer à fabriquer ces vaccins pour sauver des vies. Toutes ces questions, dossiers et affaires sont portés à l’attention de l’Assemblée générale des Nations Unies qui doit s’y consacrer pleinement.

Passons maintenant à la Convention d’Ottawa qui interdit la production, le transfert et la vente des mines terrestres. Il s’agit la d’une erreur. Les mines sont une arme défensive et non pas offensive. Les mines ne se déplacent pas et n’attaquent pas mais demeurent là où elles ont été placées. Pourquoi se rendre là où elles se trouvent ? Je décide de placer des mines le long ces frontières de mon pays ; celui qui viole ces frontières se retrouve avec la main et le bras coupés. Je demande aux pays qui ont ratifié la Convention de revoir leur position. Pour plus de détails sur ce sujet, le site Web « alqadafi.net » offre de plus amples explications concernant les amendements à apporter. Cette Convention doit être soit amendée soit abrogée. Ils veulent aussi nous dépouiller de nos mines antipersonnel. Je veux utiliser des mines devant chez moi et devant mon exploitation. C’est un moyen de défense et non une arme offensive. Éliminez plutôt les armes nucléaires et les missiles qui traversent les frontières.

S’agissant de la question de Palestine, la solution à deux États est irréalisable, et je vous exhorte à ne plus l’envisager. La solution est l’instauration d’un seul État démocratique où cohabiteraient, entre autres, juifs, musulmans, Palestiniens et chrétiens, comme au Liban. La solution à deux États n’est pas réalisable. La partition du territoire est vouée à l’échec car il ne s’agit pas de deux États voisins. Ils sont d’ores et déjà totalement imbriqués. Ce sont deux pays où il y a des interactions de territoires et de populations. Ils sont entremêlés. On ne peut pas établir de zone tampon entre eux car il n’existe pas de zone de séparation. Il y a en effet un demi-million de colons israéliens en Cisjordanie et 1 million de Palestiniens colonisés dans le territoire appelé Israël. Comment en faire deux États ?

Le monde doit envisager l’instauration d’un seul État démocratique exempt de fanatisme religieux et de sectarisme fondé sur la nationalité ou la langue. Ces attitudes réactionnaires n’ont plus lieu d’être. Ce sont des idées remontant à l’époque du rideau de fer, de la Seconde Guerre mondiale, d’Arafat et de Sharon. Cette époque est révolue. La nouvelle génération veut un seul État démocratique et nous devons déployer tous les efforts possibles pour y parvenir. Il faut imposer un seul État dans lequel chacun peut vivre en paix. Regardez les jeunes palestiniens et les jeunes israéliens. Ils veulent vivre en paix dans un seul pays démocratique. Il faut en finir avec ce problème qui embarrasse le monde entier.

Le Livre Blanc, que vous pourrez garder, M. Treki, propose la solution intitulée « Isratine ». Il n’y a pas d’animosité entre nous. Les Arabes n’ont pas d’animosité contre les Israéliens. Ils sont cousins et vivent ensemble, en paix. Les réfugiés palestiniens devraient regagner leur pays pour vivre en paix dans un État unique.

C’est vous qui les avez brûlés. C’est vous qui êtes responsables de l’holocauste et qui avez construit les fours crématoires et les chambres à gaz et en Europe. C’est vous qui haïssez les juifs, ce n’est pas nous. Nous leur avons donné refuge pendant l’ère romaine, lorsqu’ils ont été expulsés d’Andalousie, et à l’époque de la guerre avec Hitler, des fours crématoires d’Hitler et des gaz mortels. Nous les avons protégés. Vous les avez expulsés. Et vous leur avez dit d’aller combattre les Arabes. Rétablissons la vérité. Nous ne sommes pas des ennemis des Juifs. Ce sont nos cousins. Les Juifs vont un jour avoir besoin des Arabes, et les Arabes vont les protéger dans l’avenir, comme ils l’ont fait dans le passé. Rappelez-vous ce que Titus, Hadrien, Édouard Ier et Hitler ont fait aux Juifs. C’est vous qui les haïssez, qui haïssez les Sémites.

En quelques mots, la question du Cachemire appelle une seule solution, à savoir que le Cachemire devienne un État indépendant, ni indien ni pakistanais, pour que ce conflit se termine.

S’agissant du Darfour, je souhaite que l’aide des organisations internationales dont vous parlez soit affectée à des projets en faveur du développement industriel, de l’irrigation et de l’agriculture, l’industrialisation et l’irrigation. La paix règne désormais au Darfour, il n’y a pas de guerre. C’est vous qui avez dramatisé la situation à des fins d’ingérence, pour y asseoir votre influence, en raison du pétrole et au détriment des habitants du Darfour.

L’affaire Hariri est devenue un problème de l’ONU parce que vous avez demandé à l’ONU d’enquêter sur l’affaire Hariri, Dieu ait son âme. Vous voulez sacrifier le sang de Hariri et tirer profit de sa dépouille pour régler des comptes avec la Syrie. Sinon pour quelle autre raison ? Le Liban n’est-il pas un État indépendant, avec un parquet, des lois, des tribunaux et une force de police, capable de trouver les coupables ? En réalité, ce ne sont pas les coupables que l’on recherche, mais on cherche plutôt à régler des comptes avec la Syrie. L’affaire Hariri est sacrifiée et l’enquête ne donnera aucun résultat. Partant, il faut que l’Organisation des Nations Unies soit également saisie des affaires Abou Ayad, Khalil al-Wazir, Kennedy, Lumumba et Hammarskjöld.

La Libye assure actuellement la présidence de l’Assemblée générale, et c’est son droit. La Libye peut contribuer à aider le monde à passer d’une époque à une autre ; à passer d’un monde malmené, affligeant, humilié, terrifié, redoutable et menaçant à un monde où règnent l’humanisme et la tolérance. J’assurerai le suivi de cette action avec l’Assemblée générale, avec M. Treki et avec le Secrétaire général, car nous ne permettons aucune complaisance ni concession s’agissant de la destinée de l’humanité, du combat que mènent les hommes pour vivre en paix, de la lutte du tiers monde en particulier et des 100 petits pays pour vivre comme il se doit sous le soleil et sur Terre. Ce combat sera poursuivi jusqu’au bout.

Mouammar Kadhafi

L’afrique noir et le terrorisme international

L’Afrique est-elle à l’abri du terrorisme international ?

Le débat autour du terrorisme international a indéniablement pris des proportions considérables depuis les attentats tristement spectaculaires et sanglants du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis qu’aujourd’hui, aucun Etat ou groupe d’Etats, voire même des organisations privées, ne reste à la traîne quant aux mesures à adopter afin d’en conjurer les méfaits. En effet, bien que la controverse doctrinale persiste sur la définition de la notion même de terrorisme, l’unanimité est quasi-universelle quant à son rejet comme mode d’expression ou de revendication politique.

C’est dans ce sens que l’Organisation des Nations Unies (ONU), embryon d’un gouvernement à l’échelle mondiale, a condamné cette pratique dans une succession de résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité, mais également à travers la mise en place d’une stratégie mondiale de lutte contre le phénomène. Cependant, il n’en demeure pas moins que le terrorisme existe, qu’il persiste et continue malheureusement à endeuiller de nombreuses familles innocentes.

L’Afrique, centre d’intérêt de cette réflexion, pose évidemment le problème de sa vulnérabilité vis-à-vis du phénomène.

Et, contre toutes attentes, le continent noir, carrefour officialisé de tous les malheurs terrestres imaginables (conflits armés interminables, famines intarissables, pandémies incurables, etc.), est resté globalement en marge de celui-ci. Si nous nous félicitons de ce « contraste » plutôt heureux, il ne devrait pourtant pas dissimuler le sens de la présente réflexion dont la vocation est éminemment interpellative : l’Afrique demeure un terreau socio-sécuritaire fertile au terrorisme international, d’où l’urgence de la mise en place d’un système antiterroriste efficient sur le continent avant que ne survienne un retournement de situation qui ferait du continent africain une place forte de cette pratique peu recommandable.

L’Afrique, un terreau socio-sécuritaire fertile au terrorisme international

Conduite sous le leadership des Etats-Unis après la tragédie du « mardi noir », « la guerre contre le terrorisme » a été un échec cuisant ; en témoigne la prolifération des attentats meurtriers à l’échelle planétaire, notamment à Bali, Djakarta, Madrid, Istanbul, Islamabad, Bombay, en Afghanistan et en Irak, mais également à Djerba, Casablanca et Mombasa, pour ne citer que ces exemples. C’est la preuve irréfutable que l’Afrique n’est pas véritablement en marge de ce phénomène de propagation de la terreur. Dans ce sens, il est loisible de relever que si certains de ces actes sont perpétrés par des africains eux-mêmes, expression d’un ras-le-bol incoercible et d’un tissu social en déliquescence, d’autres, en fait, sont facilités par la fragilité des systèmes sécuritaires, poreux aux incursions extérieures déstabilisatrices.

L’Afrique, un moule de terroristes en puissance.

Le terrorisme, aujourd’hui, est un phénomène planétaire. Pour Hamid Barrada, « le danger terroriste est réel, et il serait sage d’en prendre toute la mesure ». Tel est le constat : il est implacable, mais relève d’un pragmatisme éclairé. Qu’est-ce qui peut donc autant motiver ces marchands de l’apocalypse dans leur basse besogne ?

C’est que le terrorisme apparaît aujourd’hui comme le symptôme d’une société internationale malade ; malade de ses injustices, de ses disparités et de ses exclusions. Dans des sociétés africaines marquées par des systèmes démocratiques qui restent à construire, une inégale répartition des ressources économiques disponibles, l’existence de bidonvilles géants, cimetières vivants de tant d’espoirs déçus, réceptacles de générations entières frustrées et en mal d’être, en mal de devenir, bref, en défaut d’avenir, et en fin de compte, creuset idéal pour les sergents recruteurs de l’Internationale terroriste, le terrorisme ne peut que y faire son lit. C’est d’ailleurs l’argument majeur qui a été mis en avant lors des attentats de Casablanca au Maroc le 16 mai 2003 où les 14 terroristes étaient marocains, tous issus du bidonville de Sidi Moumen où la police ne pénétrait plus ; ou encore de la prise d’otages au Nigeria le 31 juillet 2004 de 165 travailleurs de la société américaine Mallard Bay, qui opère en sous-traitance avec SHELL, par une trentaine de ravisseurs autochtones qui réclamaient des emplois et une meilleure répartition des revenus issus du pétrole local. Ce qu’il faut retenir des développements qui précèdent, c’est que même si le terrorisme n’est pas encore profondément ancré dans les pratiques africaines, le continent renferme les germes d’un terrorisme en puissance. Le procédé risque de prendre de l’ampleur et éclore véritablement avec le temps si la situation sociale demeure statique et que les marchands d’illusions parviennent à récupérer les mécontentements populaires pour en faire une arme à leur disposition.

  • L’Afrique, une cible facile du terrorisme international

« L’Afrique a été et restera pour l’avenir prévisible un continent mûr pour des actes terroristes », ainsi s’exprimait un responsable du Pentagone, soulignant que Washington s’employait à renforcer sa coopération militaire avec les africains en vue de prévenir les attentats terroristes. Une telle affirmation, aussi pessimiste qu’elle puisse paraître pour le continent noir, n’a certainement pas été faite ex-nihilo. En effet, c’est en s’inspirant de l’état de santé sécuritaire sur le continent africain que ce stratège américain a pu formuler sa théorie : porosité des frontières (avec ce que cela comporte comme circulation des personnes douteuses et des arsenaux de guerre), formation policière et matériels antiterroristes insuffisants ou inadaptés, systèmes de prévention dans les transports en commun approximatifs, et bien d’autres lacunes encore qu’il convient de combler. Sur la base de ce diagnostic lucide, l’on peut déduire que l’Afrique présente des carences au plan stratégique et des insuffisances sécuritaires qui, éventuellement, peuvent attirer l’attention des terroristes internationaux en vue de s’attaquer aux intérêts occidentaux, ou autres, beaucoup moins protégés ici qu’en Occident. Il n’y a qu’à s’en référer aux attentats simultanés contre les ambassades américaines de Naïrobi au Kenya et Dar-Es-Salem en Tanzanie en août 1998, l’attentat contre la synagogue israélite de Djerba en Tunisie le 16 avril 2001, le double attentat de Mombasa au Kenya, commis contre les intérêts israéliens, le 28 avril 2002 ou encore la prise en otage d’employés français opérant pour la société minière Areva au Niger le 16 septembre 2010 par Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Ainsi, face au renforcement des mesures sécuritaires en Occident, il n’est pas exclu que les terroristes internationaux se rabattent sur l’Afrique, où la marge de nuisance demeure plus importante; des mesures de prévention et de réaction doivent donc être prises en urgence.

  • L’urgence d’un système antiterroriste efficient en Afrique

Ainsi que nous l’avons mentionné plus haut, l’Afrique reste une cible relativement accessible au terrorisme international. Des mesures opportunes, fortes, mais surtout diligentes doivent donc être adoptées. Celles-ci peuvent relever, soit d’une stratégie directe de lutte contre le terrorisme, soit alors d’une stratégie indirecte, destinée à contrecarrer le phénomène à sa base. Les méthodes directes de lutte contre le terrorisme en Afrique La lutte directe contre le terrorisme en Afrique se situe à l’avant-garde des déficits sécuritaires évoqués dans le paragraphe précédent. Il s’agit donc d’un ensemble de mesures destinées à combattre de front les actes de terrorisme tels qu’ils se manifestent dans l’espace africain. Celles-ci consisteront concrètement à renforcer les mesures de sécurité et de contrôle aux frontières des Etats africains, à développer les moyens d’appropriation des mécanismes juridiques et institutionnels de lutte contre le terrorisme établis sur le continent, à assurer l’effectivité de la coopération policière et judiciaire, la lutte contre le financement du terrorisme, le trafic illicite des armes et matériels explosifs, mais également et surtout l’acquisition d’une technologie de pointe de nature à détecter les engins nocifs les plus discrets, notamment dans les lieux de transport en commun comme les aéroports. Toutefois, parce que le risque zéro n’existe pas, il est nécessaire de réprimer avec la plus grande fermeté les actes terroristes perpétrés, en identifiant non seulement les auteurs et complices, mais aussi les commanditaires ; d’où la nécessité d’une législation idoine permettant de délimiter le sens du concept et son appropriation par les ordres juridiques nationaux, de même que l’existence de forces de police et des autorités judiciaires spécialement formées sur les questions d’antiterrorisme. Les méthodes indirectes de lutte contre le terrorisme en Afrique Les manœuvres et stratégies de lutte contre le terrorisme ne peuvent véritablement se réaliser et être efficaces que si elles sont inscrites dans une démarche qui dépasse le traitement symptomatique du phénomène pour appréhender les causes profondes qui l’animent. En ce sens, lors de son intervention à l’occasion de la réunion intergouvernementale de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre le terrorisme à Alger du 11 au 14 septembre 2002, le Président de la République algérienne Abdel Aziz Bouteflika affirmait ceci : « le combat contre la pauvreté est peut-être l’élément premier indispensable de la lutte contre le terrorisme, car si la pauvreté est humainement et moralement inacceptable, elle est un facteur destructeur des vertus humaines et des bases de la solidarité sociale ». Il ressort de ces propos hautement significatifs que plus de justice sociale (accès à l’eau potable, à l’alimentation de base, à l’éducation élémentaire et aux soins primaires) contribuerait, à n’en point douter, à bâtir des piliers de stabilité pour tout le continent et, ipso facto, à réduire la sensibilité aux discours terroristes. Il s’agit donc là d’une interpellation sans équivoque à l’endroit de tous les leaders africains (politiques, religieux, traditionnels, etc.), mais également de la communauté internationale, qui doivent se hisser à la hauteur de leurs responsabilités et de leurs engagements pour faire prévaloir le droit à la justice des plus faibles et des plus démunis. L’enjeu, à notre sens, est doublement salutaire : il est humanitaire d’abord, car il préserve l’Afrique de sinistres supplémentaires ; il est stratégique ensuite et s’inscrit dans une vision à long terme de politique économique, tant il est vrai qu’aucun développement n’est envisageable sans la stabilité. Et en la matière, il va de soi que la prévention vaut toujours beaucoup mieux que toute forme de thérapie.

  1. Il s’agit des attentats contre les tours jumelles du World Trade Center à New York, contre le Pentagone à Washington et du crash d’un avion en Pennsylvanie, dont le point de chute, vraisemblablement, était la Maison Blanche, et dont le bilan s’évalue à 2986 pertes en vies humaines, in http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_11_septembre_2001. On peut lire à ce sujet John Brown, « Les périlleuses tentatives pour définir le terrorisme » in Le Monde Diplomatique, N°579, février 2002, pp. 4-5 ou encore Jacques Derrida, « Qu’est-ce que le terrorisme ? » in Le Monde Diplomatique, N°599, février 2004, p. 16. Résolution 1368 du 12 septembre 2001 suite aux attentats du WTC et du Pentagone ; Résolution 1450 du 13 décembre 2002 condamnant les attentats terroristes perpétrés à Mombasa au Kenya ; Résolution 1530 suite à l’attaque à la bombe de Madrid du 11 mars 2004 ; Résolution 1618 du 4 août 2005 condamnant les attentats terroristes en Irak., etc.
  2. La stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme a été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 8 septembre 2006, sous la forme d’une résolution (A/RES/60/288) à laquelle est annexé un plan d’action. Cette stratégie est fondée sur la condamnation systématique, sans équivoque et vigoureuse par les Etats membres du terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu’en soient les auteurs, les lieux et les buts, ainsi que sur l’adoption de mesures concrètes visant à éliminer les conditions propices à la propagation du terrorisme et à renforcer la capacité individuelle des Etats et de l’ONU à prévenir et combattre le terrorisme, tout en veillant à la protection des droits de l’homme et au respect de l’Etat de droit. Elle vient appuyer l’action de l’équipe spéciale antiterroriste créée par le Secrétaire Général des Nations Unies en juillet 2005 pour assurer la coordination et la cohérence de l’action menée à l’échelle du système des Nations Unies et complète la résolution 1373 du 28 septembre 2001 adoptée par le Conseil de Sécurité.
  3. Il s’agit ici d’une question de proportionnalité, car si des actes de terrorisme sont bel et bien perpétrés en Afrique, ce n’est pas avec la même fréquence, la même violence et la même acuité que dans le reste du monde, notamment en Asie. En outre, ceux-ci semblent bien circonscrits dans la région du Maghreb et dans le Sahel. Dixit le Président américain George W. Bush lors de son discours à l’Académie militaire de West Point le 1er juin 2002. Attentat de Djerba en Tunisie le 16 avril 2001 ; attentat de Casablanca au Maroc le 16 mai 2003 ; attentat de Mombasa au Kenya le 28 novembre 2002.
  4. Pierre Conesa parle d’un terrorisme « mondialisé », tant par ses auteurs que ses victimes. Cf. Pierre CONESA, « Aux origines des attentats suicides » in Le Monde Diplomatique N°603, juin 2004, pp. 14-15. Lire dans le même sens le discours du Président Paul Biya à la tribune des Nations Unies à l’occasion de l’Assemblée générale de 2008. Hamid BARRADA, « Le Royaume à l’épreuve » in Afrique Magazine, juin 2003.
  5. Lire Marie Joannidis, « Corne de l’Afrique : enjeux stratégiques et conflits » in http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/PolitiqueDiplomatie/1194.asp. Ce double attentat était dirigé contre un hôtel où logeaient pour l’essentiel des touristes israéliens et un avion transportant des voyageurs originaires de l’Etat hébreu. Il s’agit précisément des normes dont la portée juridique est plus ou moins certaine, et qui sont développées dans des textes à vocation continentale tels que la convention de l’OUA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme adoptée en juillet 1999 et son protocole de juillet 2004, de la déclaration de Dakar contre le terrorisme d’octobre 2001, du plan d’action pour la prévention et la lutte contre le terrorisme de septembre 2002, mais également des organes d’action comme le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, dont le mandat concerne tout aussi bien des aspects liés à la lutte contre le terrorisme. En dépit des critiques plus ou moins fondées que l’on pourrait lui faire, la convention OUA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme propose une définition de l’acte terroriste à l’article 1er § 3. Il s’agit de : « (a) tout acte ou menace d’acte en violation des lois pénales de l’Etat Partie susceptible de mettre en danger la vie, l’intégrité physique, les libertés d’une personne ou d’un groupe de personnes, qui occasionne ou peut occasionner des dommages aux biens privés ou publics, aux ressources naturelles, à l’environnement ou au patrimoine culturel et commis dans l’intention : (i) d’intimider, provoquer une situation de terreur, forcer, exercer des pressions ou amener tout gouvernement, organisme, institution, population ou groupe de celle-ci, d’engager toute initiative ou de s’en abstenir, d’adopter, de renoncer à une position particulière ou d’agir selon certains principes ; ou (ii) de perturber le fonctionnement normal des services publics, la prestation de services essentiels aux populations ou de créer une situation de crise au sein des populations ; (iii) de créer une insurrection générale dans un Etat partie. (b) Toute promotion, financement, contribution, ordre, aide, incitation, encouragement, tentative, menace, conspiration, organisation ou équipement de toute personne avec l’intention de commettre tout acte mentionné au paragraphe a (i) à (iii) ». En outre, elle enjoint les Etats parties à incriminer en toute priorité dans leurs ordres juridiques nationaux les actes terroristes tels qu’ils sont définis par l’article 1er et 3.

Siate come noi, ma noi non debba e non abbiamo voglia di cambiare. Rimaniamo quelli che siamo. È a voi di cambiarsi a nostro immagino. Com’è possible ?. 

Hanno insegnato la storia del mondo intero ai africani, ma si sono rifiutati di insegnare la vera storia dell’Africa al mondo. Diciamo che la storia dell’Africa e degli africani non ha mai iniziato dalla schiavitù e dalla colonizazzione.  Prima che il primo missionario, colonizzatore e slave ospitano suolo africano, c’era un’intera civiltà in executioner.Questa civiltà è stato distrutto e sradicato da più di 400 anni di schiavitù. Nonostante tutto questo, abbiamo avuto persone per un lungo periodo di tempo che ha sollevato la loro voce e ha detto no. Tutti coloro che sono cresciuto a cercare l’indipendenza politica ed economica del continente africano sono stati auto uccisi o espulsi dal potere. Ne penso a : Patrice Lumumba,Kwame Nkrumah,  Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, Habib Bourguiba, Amilcar Cabral, Marien Nguouabi, Nelson Mandela, Ahmed Ben Bella etc… 
Ci hanno dato una fotocopia di independenza e la nostra generazione, con il sostegno di tutti coloro che lottano contro l’oppressione, abbiamo l’obbligo di reclamare la copia originale. 

 Sì !! Conosciamo la storia del mondo, ma si sono rifiutati di insegnare la nostra. Il giorno in cui che insegneranno la vera storia del popolo africani ai bambini a scuola, force lo sguardo del mondo verso l’uomo nero e gli africani cambierà obbligatoriamente. L’obiettivo non è quello di ricordare la storia sinistro subito dal nero che si trova oggi nel nostro mondo come simbolo delle grida di dolore ma per sottolineare come l’umanità sta lottando per correggere l’ingiustizia del passato e per sognare la giustizia del futuro. 

Nb: pensiera di un bambino Africano. 

La polygamie et la procréation, facteur culturel du misère et sous-développement de l’Afrique. 

Malheureusement, pendant que les problèmes déjà existants n’ont pas encore trouvé gain de cause, la procréation anarchique en Afrique multiplie la misère et les autres problèmes de sous-développement à des vitesses alarmantes. Les enfants qu’on produit en Afrique semblent moins intellectuellement encouragés que ne le sont les femmes à se relaxer sexuellement sur le dos pour faire de meilleurs gosses « pouvant » prendre soin des parents dans leur vieillesse, au nom d’un principe d’antériorité qui semble rétrograder l’Africain dans maintes dimensions. Non seulement la polygamie et la gestion du sexe paraissent une cause du sous-développement de l’Afrique, mais aussi elles constituent une vraie culture de la misère africaine. L’ignorance, l’inconscience, l’irresponsabilité, les réalités culturelles et l’absence de lois par rapport à la fertilité et la taille des foyers sont les causes de la forte prolificité en Afrique. Les problèmes engendrés sont multiples. Des familles écroulées, des foyers secrètement divisés, les coépouses déchaînées entre elles, les enfants en rage, les parents surpris de la bombe, des jalousies forgées avec fougue, des mésententes à long terme préparées, des conflits montés, des avenirs véhérnents gâchés, des femmes publiquement maltraitées et bafouées, des enfants savamment rejetés à tort, des équilibres de destin recherchés en vain, des problèmes et des erreurs multipliés, des ventres affamés sans oreille en colère à mort, des épaules fatiguées de recevoir la houe du néolithique, la tête fatiguée du poids du soleil de plomb, des femmes gratuitement renvoyées dans le divorce, des enfants congédiés pour la misère, des gosses méconnus de leurs frères, des libertés renvoyées dans la démocratie, les enfants pleurent — les mères les consolent, les mères pleurnichent les enfants essuient leurs larmes ; des «bâtonnets» tendus au travail sans relâche, les « mortiers » pilés comme pour boucher des abysses à n’en plus finir; des mauvais sorts lancés par-ci par-là, la formation et l’avenir des enfants parsemés d’embûches, des esprits de partialité installés et promus, des soupçons et accusations incroyablement montés, les calebasses couvertes d’huile dans les chambres, des projets surveillés comme du lait sur le feu, les idées et les pensées emprisonnées, des pleurs, des gémissements, des cris, des problèmes sur des problèmes, etc. L’intellectuel africain est aussi sous l’influence de beaucoup de facteurs spirituels qui biaisent le résultat de ces efforts vers le développement. Malheureusement, les débats classiques sur le sous—développement de l’Afrique ont toujours ignoré la vraie dimension spirituelle du problème. Sans doute, les pays développés ont eu des atouts qui les avaient lancés. Ces pays ont eu leur siècle des Lumières. De grands savants avaient pensé et contribué à mettre ces nations sur le bon chemin. Aujourd’hui, en Afrique, les cerveaux pensants ne veulent pas rester ou ont même pour de rester. Rares sont les intellectuels africains qui désirent servir dans leur village, au vu et au su de toute leur famille. La famille africaine est un aimant qui repousse ses enfants en évolution ; au mieux des cas, elle les suce au delà de leur capacité juteuse. Quand les enfants refusent de se laisser sucer, on met des démons et des malédictions à leurs trousses. Akoba, dirait le Feu. !

Pourquoi l’afrique pleur et s’enfonce ? 

En réalité, c’est de connivence avec les puissances étrangères et les politiciens que les cadres africains ont mis l’Afrique à terre. En outre, dans beaucoup de systèmes éducatifs, les diplômes ne sont toujours pas le symbole d’une dose de connaissance pouvant enclencher des actions positives en matière de développement. Les Africains distribuent ou ramassent beaucoup de diplômes muets ! Maints diplômés prétextent et protestent avoir la connaissance alors qu’ils sont des ressources falsifiées. L’Afrique forme trop de savants, trop de perroquets ayant la tête remplie de gros mots ou grosses théories qu’on n’applique jamais, mais malheureusement peu productifs et incapables d’agir sur les matières premières pour leur ajouter de la valeur. Nous ne disons pas que tous les Africains sont des tarés, mais plutôt que les diplômes de beaucoup ne parlent pas à l’instar de leur bouche ou à la cadence de leur main. A Vrai dire, l’ambiance dans laquelle la connaissance est acquise en Afrique et veut s’appliquer n’est souvent pas favorable en raison du contexte démographique, culturel, spirituel, politique, économique et des réalités internationales. Il se pose un vrai problème d’application intelligible de la connaissance pour positivement ajouter de la valeur aux ressources en Afrique, afin de sortir le continent noir de la souffrance par les Africains eux» mêmes. Rappelons-nous que les Blancs n’ont pas grand intérêt à libérer I’Afrique ou à la placer sur le bon chemin. Le gros lot du travail revient alors aux Africains eux mêmes. Ils doivent combattre toutes tentatives qui tentent de les maintenir dans l’oppression. Et pour cela, l’Africain qui continue à penser que c’est les blancs qui apporteront la solution à I’Afrique, comme un gâteau dans un plat de dîner ou un comprimé à un malade, est comme cette souris qui va se présenter à un chat, dont elle aurait appris la repentance, pour louer Dieu. Elle n’a pas fini son discours avant d’être déchirée. Un lion sera toujours un lion et un chat un chat. Bien que les problèmes ne soient les mêmes, gens ont faim; et quelle que soit la nature de l’aide apportée à l’Afrique, le gros lot du problème revient aux Africains eux-mêmes. Seuls le patriotisme, l’organisation, le travail bien fait et l’unité peuvent rendre service à l’Afrique dans cette «pression ». L’Union fait la force, nous dit la sagesse populaire! Ainsi, si les Africains peuvent mieux prendre conscience, mieux s’entendre, mieux s’écouter les uns les autres, et savoir que nous sommes les mêmes, ils ont déjà tout ce qu’il faut pour se développer dans cette jungle où les plus forts cherchent à tout prix à éliminer les faibles ou du moins les soi-disant faibles! Malheureusement, les plus forts ne vont jamais cesser de vouloir contrôler les faibles. En fait, le jeu est déjà perdu depuis la chute de l’homme. Où ? Peu sont ceux qui comprennent le sens de la vie. Pourquoi sommes nous en vie ?. 

C’est la question que la réflexion de chaque africain doivent lui apporter la réponse. Nous eûmes reviendrons la dessus dans les prochains articles.

Par :Sayouba Simpore 

Sous-développement de l’Afrique: De la famille au sommet de l’état. 


​Certains ont donné la preuve de nombreux pays africains en proie à de vastes conspirations dont on ignore souvent les vraies sources. Certains Africains ont conclu que la France Serait alors à redouter dans toute politique africaine qui force le décollage pour une vraie indépendance sous quelque forme que ce soit. Le même constat est aussi vrai pour beaucoup de pays occidentaux. Certains Africains se félicitent déjà de ce que la France commence par perdre le contrôle des nations africaines. Mais est-ce vrai? Est-ce la solution apogée au mal africain ? Pas du tout ! Nous y reviendrons plus loin dans ce livre. De mon livre traitant des vraies causes et solutions de la misère africaine (Holou, 2007b), il ressortait que l’Afrique souffre d’une crise intellectuelle, démographique et spirituelle. En effet, au delà des actions négatives des puissances étrangères, I’Afrique sombre non seulement à cause de la mauvaise gestion et gouvernance de ces intellectuels certes, mais aussi à cause des actions diaboliques sur ce continent. Depuis la famille jusqu’au sommet de l’état, l’Africain a encore de grands défis à relever. En effet, beaucoup d’Africains ont peur de réfléchir ou ne veulent pas le faire. Beaucoup ont peur de parler ou ne veulent ou ne peuvent pas le faire. Beaucoup ont peur d’agir ou ne veulent pas le faire ; beaucoup de dirigeants sont des tarés et ne veulent pas apprendre. Beaucoup ont la connaissance mais ne veulent ou ne peuvent pas appliquer leur savoir. Beaucoup de religieux sont tellement accrochés à des visions étriquées qu’ils ont oublié la gestion de la cité, comme ce chrétien qui dit que la politique est pour le diable. Au-delà de tous, plusieurs intellectuels sont « bloqués ». Quand on sent que quelqu’un veut devenir quelque chose, on l’élimine ou on le rejette. Beaucoup de compétences sont bafouées ; les cerveaux sont peu promus et peu écoutés. Pendant que plusieurs politiciens sont peu techniques, maints techniciens avérés ne veulent pas se mêler à la politique. Quand les dictateurs vont au pouvoir, ils font ce qu’ils veulent et ferment la bouche aux intellectuels. Quand les politiciens sont au pouvoir ils écoutent peu les techniciens ; quand les techniciens prennent le pouvoir, ils agissent tout comme si tout était technique. A chaque étape décisive du développement de l’Afiique, il y a toujours un maillon qui manque. De plus, il y a un syndicalisme radical et une opposition politique qui tuent l’Afrique. Beaucoup ne veulent contribuer au succès des actions n’allant qu’à leur crédit. Pire, il y a une mentalité africaine erronée qui a cloué l’Afrique et qui ne permettra jamais l’essor et le décollage de ce continent. Par exemple, pendant que les compétents bras valides pouvant faire différence chôment à la maison et traînent dans les rues avec leur savoir, les fainéants sont promus par leurs proches à des postes très importants et sensibles. Au lieu de laisser les Africains réfléchir euxmmêmes pour améliorer leurs systèmes de production et leur ajouter de la valeur, beaucoup ne cessent de les ignorer au profit des technologies importées, pendant que les efforts, les talents et compétences endogènes sont peu encouragés ou promus. Au même moment, les frais de mission et les per diem des « Grands » ont dévalisé l’Afrique du peu disponible, au détriment des pauvres « innocents paysans» qui meurent sous le soleil du midi.

Par: Roland A Y Holou 

Burkina Faso :Deux ans après l’imminente révolution populaire, l’espérance tomber dans le désespoir. 

Deux ans après l’insurrection populaire au Burkina, cet pays peuvent être présenter comme un exemple et modèle de lutte, mais pas un exemple de démocratie en Afrique. Les fondement de ces thèses se trouve dans la suite de l’insurrection populaire. Après s’être insurgés vaillamment pour agenouiller et mettre fin à 27ans de dictature qui ne disait pas son nom, le peuple Burkinabe avait sut se faire respecter et forcer l’admiration aux yeux du monde et en particulier en Afrique. Mais en montrant son soif profond et son inspirations à la démocratie, à la justice, à la liberté et à la bonne gouvernance, cet vaillant peuple n’a pas sut tenir et protéger cet flamme orner d’admiration qu’il a allumé, loin des mains de leurs bourreau d’hier, qui n’a joué qu’au volte-face. 
Hélas !!!…. Cet flammes s’est éteint, suite à son confiscation avec l’arrivée au pouvoir de leurs anciens bourreau. Le plus abject et visiblement déshonorant est qu’au Burkina au lieu de lutter contre le système, le peuple à lutter contre un homme, en occurrence (Blaise Compaore). 

La réussite d’une révolution n’est pas la victoire, mais sa suite. Malheureusement la suite de la révolution Burkinabe est tomber dans le désespoir et confisqué par les mêmes organisations mafieux. 

Un ans après les résultats ne sont pas à cacher, et on à pas besoin d’être un docteur juridique pour le savoir. Même système, corruption, injustice, insécurité et une jeunesse délaisser. 

Nelson Mandela disait, dans la vie ne lutter pas contre un homme, mais contre le système. Malheureusement au Burkina on à lutter contre un homme. 

Il est temps d’en prendre conscience pour le futur, car le temps est le témoin de l’histoire. Pour que le Burkina retrouve sa dignité, sa grandeur, sa générosité, et son intégrité que son peuple à démontrer aux yeux du monde, il faut que cette peuple mâture qui ont sut se révolter contre l’impérialisme sachent dès maintenant s’organiser pour vaincre cet mafia qui ont confisqué leurs révolution. Sinon l’homme intègre Burkinabe continuera de tendre la main pour prendre les aides alimentaires à l’extérieur et continuera à s’endetter aux prés des institutions financier à l’extérieur. Ce qui le rendra toujours esclave et soumis aux domination impérialiste. En plus, comme nous l’avertissait déjà Thomas Sankara, l’homme intègre Burkinabe aura et deviendra celui mentalement chaque fois mendiant. 

Ce qui ne fait pas honneur à cet vaillant jeunesse conscient. 

De ce faite chaque Burkinabe doit toujours avoir en tête que la lutte n’est pas fini, mais ne fait que commencer..

Par :Sayouba Simpore